Le PhotoBlog de Stéphane Beilliard

{ Un blog photo d'aviation, de paysage, de ville, en panoramique ou en macro, et même de synthèse. Entre Nouvelle-Zélande et Québec, entre le ciel et la terre, un peu d'écologie ne ferait pas mal non plus. Le Blog de Stéphane Beilliard }

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Mot-clé - Impressions

Tokyo 2010 - L'Ordre et le Chaos

L'ordre et le chaos. C'est presque ce qu'on peut retenir d'une plongée dans Tokyo. On a en effet l'impression qu'en permanence les deux camps s'opposent et se disputent la rue, la vie, les activités des tokyoites. De l'ordre, il y en a de multiples représentations. Les jardins, les sushis alignés, les baguettes, la coiffure des lutteurs de sumo, les plis d'un kimono. Presque dans l’indifférence totale, la ponctualité des métros et trains de la ville renvoie la légende des chronographes suisses au rang des sabliers. Si vous ratez votre train, c'est que vous êtes en retard, lui pile à l'heure. Et sur le quai, remarquez les marquages au sol, ils vous indiquent où attendre et vous mettre en ligne; la rame s’arrêtera exactement là! Une fois dans le train, admirez la propreté et l'absence totale de tags et autre graffitis, ou de chewing-gum au sol. Le métro et le train sont impeccables, ce qui pour un français, et a fortiori un parisien, relève de l'utopie. La culture japonaise y est forcément pour quelque chose.

La rue n'est pas en reste, une certaine impression de propreté se dégage, même si elle est peut-être artificielle. Les immeubles sont alignés et bien espacés les uns des autres : aucun bloc, aucun immeuble ne touche un autre, probablement un résultat d'un standard anti-sismique. Pour permettre une certaine flexibilité de cette croûte de béton et d'asphalte qu'est la capitale japonaise en cas de tremblement de terre, peut-être les ingénieurs ont-ils imposé un espace de pratiquement un demi-mètre entre les tours... Et également la présence d'un escalier extérieur, ce qui apporte alors un caractère hétéroclite au paysage urbain. Car là commence le chaos. Chaos des couleurs des façades, et des revêtements. Céramiques grises ou vertes, peinture rouge ou turquoise, crépi blanc. Formes arrondies ou droites, brillantes ou mates. Toits en terrasse ou inclinés, avec balcons en retrais successifs uniques à la ville. L'ensemble des constructions du centre urbain propose un kaléidoscope grandiose et pittoresque de l'architecture banale de Tokyo. S'y retrouver est une gageure puisque les rues portent rarement un nom, et qu'une adresse fait donc plutôt référence à un bloc, un immeuble et une entrée qu'il vaut mieux avoir repéré sur un plan au préalable! Et ne comptez pas sur le fait qu'une rue peut se différencier d'une autre: les enchevêtrements de câbles électriques, de fils de téléphone, alourdissant dangereusement les poteaux, termineront de vous perdre par leur caractère bordélique et répétitif. Ici on n'enterre pas les réseaux. La maintenance et l'installation s'en trouvent aisées, mais le spectacle est pour le moins confus! Comment s'y retrouver?

Si la cérémonie du thé ou l'agencement des tatamis répondent à des règles strictes d'ordre, la vue des affichages électroniques et des enseignes lumineuses des rues semble elle refléter chaos et exubérance. Ce contraste se manifeste peut-être également dans les délires culturels des japonais, exacerbés dans les quartiers populaires d'Akihabara ou Shinjuku. Costards-cravates et minishorts en jeans. Grandes multinationales et mangas érotiques. Bonzes et écolières. 

Tokyo 2010 - A chaud

Tokyo. Un peu comme New-York, le nom de cette ville évoque pour un européen une destination lointaine, étrange. Plus même que New-York ou Rio. La différence de culture est ici totale. Et la parcourir, le nez en l'air, les oreilles assaillies de mots impossibles à déchiffrer, les yeux au bord de la rupture, de la surexposition, c'est se projeter dans une ville de science-fiction.

Si Shanghai c'est la ville de S-F par l'architecture et les jeux de lumières colorées, Tokyo c'est la S-F par la vitesse et le mode de vie. On se croirait dans Akira, ou Ghost in the Shell, ces animés hors-normes, véritables chefs-d'oeuvre dans leur genre, et qui marquent l'imaginaire. Mais là, c'est "pour de vrai"!

De quelques jours à Tokyo je ne vais retenir que l'essentiel. Pour le moment, la ville tentaculaire me fait l'effet d'une juxtaposition hétéroclite de batiments à l'architecture pratiquement inexistante (si ce n'est un aspect là-aussi parfois un peu futuriste, et souvent particulier à la ville). Accrochées aux murs blancs, ou brun, ou vert, ou jaune, ou gris de ces immeubles quelconques, des enseignes verticales et lumineuses par milliers, jetant sur la rue des flots de rouge, de bleu, de blanc, de vert, de jaune... Des étincelles se reflétant sur le sol et dans les yeux et les lunettes à la mode des passants et des passantes. Une foule jeune, dans ces quartiers aux noms fameux que sont Shibuya, Shinjuku, Akihabara. Une foule de costards cravates dans les districts d'affaires, sans charme particulier, avec leur lot de Starbucks et de McDo. Une foule de jeunes filles hyper branchées, joliment maquillées, à l'allure vestimentaire qu'on retrouve, comme décidément une n-ième "copie chinoise", à Shanghai.

Par de nombreux aspects, il m'est possible de comparer Shanghai, la ville qui voulait être la plus riche de Chine, et Tokyo. Il me faudrait probablement y revenir plus abondamment plus tard, mais la chinoise et la japonaise, même si elles partagent un gout pour le chic, le luxe, la vie urbaine colorée et lumineuse, sont marquées par leurs cultures respectives. Et il apparait une sophistication, un raffinement particulier au Japon que je ne retrouve pas en Chine. Ce n'est pas nouveau on me dira. Mais au moins j'ai des bases de comparaison ;o)

Et comment mieux profiter de ce petit aperçu sur la culture nippone que par le biais d'un tournoi de sumo, le Tokyo Basho! Dans l'enceinte du Ryogoku Kokugikan, un concentré de muscles, de poids, de rituels, de sacré, et de Japon. Une journée commencée à travers un ancien jardin privé de shoguns, poursuivie par une plongée démente dans Akihabara et ses magasins d'électronique et de mangas, et qui se termine par un tonnerre d'applaudissements pour un yokozuna (champion de sumo) victorieux!!

A suivre...

5 trucs plutôt bien à Shanghai

Shanghai c'est plus de 13 millions d'habitants, donc plein de chinois, mais plein partout. Dans les rues, dans les trains, dans les avions, le métro, les magasins, les ascenseurs... Partout. Et ils s'entassent là. Et dans le tumulte de la ville s'étendant jusqu'à l'horizon (qu'on voit pas souvent en plus), on peut se sentir étouffer. Malgré tout, il y a des choses sympa dans cette ville. En voici donc cinq, qui ne constituent que mon avis...

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Satoshi Kon

Le film d'animation lui doit beaucoup, notamment dès qu'il s'agit de démontrer que ce genre de film s'adresse aussi aux adultes, n'en déplaise aux Disney. Le réalisateur japonais Satoshi Kon vient de décéder (cancer) à seulement 46 ans.

Pas forcément très connu dans nos contrées bercées aux Cendrillons et aux Toy Story. Mais pour un peu qu'on s'intéresse à l'animation adulte, Satoshi Kon est là, dans le paysage, aux cotés des Mamoru Oshii, Katsuhiro Otomo ou Hayao Miyazaki (oui oui même ses films à lui, sous l'apparence tranquille de films destinés à un public jeune, ont une lecture adulte). Son premier film, et le premier d'ailleurs que j'ai vu de Kon, Perfect Blue est tout simplement impressionnant de maitrise narrative, traduisant là un don certain pour la réalisation de films marquants. J'ai souvent l'habitude, en parlant de ce réalisateur à quelqu'un qui ne le connait pas, de le comparer à David Lynch, format animation.

Au final, ses films pourraient aujourd'hui très bien se faire en "live", en réel, mais Satoshi Kon semble avoir adopter le langage du dessin et en use avec virtuosité, à tel point qu'on oublie rapidement la forme pour être totalement plongé dans l'histoire, le trouble, le rêve, l'aventure qu'il nous conte. Millénium Actress, dans la lignée de Perfect Blue confirme l'intérêt qu'on peut porter à ce que réalisait ce japonais inspiré, tout comme Tokyo Godfathers ou récemment Paprika.

Sa disparition pourra peut-être être l'occasion pour certains de découvrir ses films, ce que je conseille finalement.

Shanghai 2010 - Premier Contact

Mon premier contact avec la Chine s'est donc fait en débarquant à Shanghai. Shanghai, en 2010, c'est la plus grande et la plus moderne des villes de Chine continentale. Vingt millions de personnes habitent dans l'agglomération. Des plus pauvres aux plus riches, les shanghaïens sont les new-yorkais chinois.

Le paysage de la ville est en pleine mutation, s'hérissant de plus de 400 gratte-ciels mis en valeur par des jeux de lumière et de néons qui nous plongent encore un peu plus dans une ambiance futuriste. Dans les avenues bordées de platanes, des centaines, des milliers de taxis se frayent un chemin au mépris parfois des règles du code de la route. L'usage du klaxon est une évidence, la traversée à pied d'un carrefour une aventure.

Je suis arrivé en ville juste après le nouvel an chinois, et juste avant la fête des lanternes. L'ambiance dans la ville était alors festive, lumineuse. Des pétards claquant un peu partout, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, des feux d'artifices au milieu des buildings, des décorations par centaines, tel était le spectacle. Les vitrines des magasins, ouverts toute la semaine, rutilaient de lampions, de noeuds. Malgré la pluie et la grisaille, la première approche avait un gout de fête.

Aux alentours des immeubles-hotels rivalisant de luxe et de brillants, les avenues exhibent des articles de grandes marques occidentales prisés des chinois les plus aisés. Cette tranche de la population, surement sur-représentée à Shanghai, s'amuse apparemment à montrer sa réussite capitaliste dans le pays du socialisme communiste. Audi, Mercedes, BMW, Ferrari, Bentley,Rolls-Royce se rencontrent dans Nanjing Lu, tout autant que les 206, les Passat ou les taxis. Les vitrines Rolex, Vuitton, Gucci, Dior s'étalent en de nombreux endroits, parfois en plusieurs exemplaires. La frénésie de consommation s'est emparée de la ville, les publicités dans le métro ou en version géante sur les façades invitent les shanghaïens à succomber à l'appel du matérialisme. Les égéries occidentales côtoient les stars féminines du cinéma Made in China (Gong Li ou Zhang Ziyi...) pour nous vendre montres, produits de beauté, électroménager... La tendance est aux traits asiatiques plutôt peu marqués semble-t-il, donnant peut-être une certaine idée de modernité occidentale à une Chine avide de consommation.

Quelques rues à l'écart des grandes artères commerciales, la Chine plus traditionnelle reprend ses droits. De magasins minuscules en boucheries de trottoir, de porteurs d'eau en ouvriers du bâtiment courant, le bol à la main, pour le déjeuner, le contraste est saisissant. L'échelle de valeur s'étend, la vie grouille, le luxe disparait et se retrouve au loin, au-dessus, dans la silhouette des tours de verre qui surplombent les quartiers misérables en apparence, qui faisait le vieux Shanghai.

Un vieux Shanghai qui s'amenuise par endroit sous les coups de pelleteuses de promoteurs immobiliers. Des pâtés de maisons entiers sont condamnés au profit d'un centre financier, d'une tour d'habitation ou d'un siège de chaine de télé. La municipalité, consciente tout de même de la richesse architecturale et culturelle d'une vieille ville façonnées entre-autre par des occupations française et britannique, propose un plan de préservation de certains bâtiments ou certains quartiers d'intérêt. Ainsi, par endroit, une plaque en chinois et en anglais rappelle que telle maison ou tel quartier est un "héritage" ou un "modèle". Les petites rues ou les "lane houses" conservées se retrouvent alors parfois surplombées par les bureaux et les appartements, au 25ème ou 36ème étage d'une tour soulignée de néons multicolores.

L'Exposition Universelle ouvre dans un mois et demi et la ville se préparent activement. Pas de répit pour les ouvriers s'activant nuit et jour, sept jours sur sept, sur les milliers de chantiers que compte Shanghai en ce moment. Même le fameux "Bund", la promenade prisée le long de la Huangpu River, est en pleine réfection. Le quartier de Pudong voit toujours de nouveaux gratte-ciels se construire tranches par tranches. Et les pavillons nationaux, rassemblés autour du monumental pavillon rouge chinois sur le site de l'Expo, sont terminés dans un compte-à-rebours effréné. La municipalité mise beaucoup sur la qualité de la représentation de Shanghai par le biais de cette expo. Tout doit être parfait et ne doutons pas que les chinois, et le gouvernement central, feront en sorte que ce soit le cas... Au moins jusqu'en octobre. Espérons aussi que tout cela profitera finalement à un maximum de shanghaïens.

Des serpents dans l'avion



Comme Frédéric Beniada il y a peu sur France-Info, on peut se demander pourquoi l'aviation attire tant la médiatisation psychodramatique de ce qui est la plupart du temps des non-événements. C'est le cas avec le moindre pépin technique d'un A380 d'Air France. Ou alors l'atterrissage "un peu hors-norme" d'un A320 sur un aéroport américain. Dans la plus grande majorité des cas, il n'y a vraiment rien d'intéressant à rapporter. C'est un peu comme si on titrait qu'un poids-lourd avait du faire un arrêt d'urgence sur la bande éponyme suite à une crevaison ou à la panne de l'allume-cigare... Le niveau d'ailleurs des interventions médiatiques est très souvent assez bas, et il n'est pas rare de déceler des énormités dans les propos de tel journaliste en mal de sensationnel.

Parler d'aviation aujourd'hui revient donc essentiellement à parler de peur, d'angoisse, de risque, de contrôle... En tout cas dans le monde de psychose dans lequel nous baignent les médias. Il n'y a donc plus aucune place à l'aventure, à l'émerveillement, à la contemplation simple de voir s'élever un plus-lourd-que-l'air, ce qui a fasciné et inspiré des générations d'hommes par le passé. L'envol de l'A380 n'est pourtant pas si loin, et à cet instant-là, tous les yeux étaient brillants d'un enthousiasme positif et conquérant. C'était donc un instant d'éclaircie dans un ciel d'orage? Il faut croire que oui. L'aviation se résumerait ainsi, pour la majorité, à de gros avions qui font du bruit, qui polluent, qui tombent... mais qui vous emmènent en vacances dans un pays lointain! On n'est pas à une contradiction près. Or même dans ce dernier point de vue, ça commence à devenir un enfer en lui-même.

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Futurologie



Nous voilà en 2010. Soit dix ans après l'épisode pathético-comique du passage à l'an 2000, et du fameux bug associé, qui devait nous plonger dans la chaos le plus total. Cela faisait probablement partie de l'hystérie millénariste collective liée au changement de millénaire, sinon réel du moins en chiffres. Car quand on parlait de l'an 2000 au XXème siècle, ça avait toujours une connotation futuriste associée à une idée de rupture. Changement de siècle, changement d'époque, changement de vie. Dès le début des années 1900, l'anticipation nous projetait dans un monde de technologie, de vie moderne et facile, de bonheur, avec voitures volantes et fusées lunaires. La science-fiction nous emportait toujours plus haut, plus vite et plus loin. L'an 2000, l'horizon du futur réjouissant.

Quelque part, la fin du XXème siècle nous a apporté tout ça. Les voitures volantes existent, certes peut-être pas sous la forme qu'on nous avait vendu, mais certains prototypes existent, et on peut presque considérer les avions de tourismes, les ULM comme l'incarnation de ces fantasmes de mobilité accessible. Le roman futuriste de Jules Verne "De la Terre à la Lune" s'est vu concrétiser quelque cent ans après sa parution, l'occasion en cette fin de décennie 1960 de plonger le monde dans un état inédit de communion, des milliards de paires d'yeux lever vers le ciel (et accessoirement rivés sur un écran de télévision) pour célébrer le premier pas de l'Homme sur la Lune. Les trains rapides, les avions supersoniques, les robots, les machines déchargeant l'Homme des taches les plus rudes, que ce soit à l'usine ou à la maison, tout un ensemble de progrès techniques et technologiques qui nous avait été promis pour 2000. Nous devions voler, vivre en harmonie, dans des maisons sous-marines, ou dans des colonies sur la Lune. L'an 2000 était l'utopie inscrite sur l'agenda.

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Ce qu'il restera...



A moins de vivre hors du temps, voire de l'espace, ou d'avoir fait une année sabbatique en plein milieu de l'Himalaya dans une tentative de retraite bouddhique, vous n'êtes pas sans savoir que se déroule en ce moment le Sommet de Copenhague qui tente de faire l'union des nations autour de la problématique du réchauffement climatique et des solutions qu'on peut y apporter. Les plus grands -et riches- pays côtoient les plus petits et tout ce beau monde doit s'entendre pour proposer de réelles avancées en terme d'émissions de dioxyde de carbone par exemple. Espérons que ça porte ses fruits...

Profitant de l'instant historique, Greenpeace lance une campagne d'affichage où l'on peut voir les principaux dirigeants de la planète (Sarkozi, Merkel, Obama, Medvedev...) avec rides et cheveux blancs, et un gros "Sorry". Les affiches nous placent dans un futur où le climat s'est dégradé, comme prévu, et dans lequel nos dirigeants s'excusent de ne pas avoir pris les bonnes décisions à l'époque (entendre là: à Copenhague)... Espérons qu'on n'ait pas à faire ces affiches dans 20 ou 30 ans...

Quoiqu'il en soit, il faudra bien s'y faire, la planète de dans 50 ans sera différente de celle d'aujourd'hui. Même les prévisions climatiques les plus optimistes ne sont guère modérées, et je vois mal le monde entier, d'un coup, arrêter de polluer, de "déforester", de creuser, de bruler, de consommer... Cela sera fera progressivement, au mieux, mais entre-temps les bouleversements seront visibles et réels. Et il y a fort à parier que nos enfants et nos petits-enfants ne connaitront jamais ce que nous avons pu connaitre. Que leur restera-t-il donc? Sans aller dans un catastrophisme pessimiste qui ferait ressembler la planète à une terrain de bataille genre "Terminator", ou encore à un désert obscurcit par des nuages noirs de puits de pétrole en feu genre "Tempête du Désert", peut-on se demander si les générations futures connaitront les étendues glacées du Groenland, ou les gigantesques forets boréales canadiennes? Connaitront-elles les primates d'Indonésie autrement qu'en cage d'un zoo urbain? Dans le doute, on peut imaginer se projeter à la veille des fêtes de fin d'année, autour de l'an 2050.

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Ils sont arrivés il y a 28 ans...



Une campagne marketing rondement menée pour un film au final à la hauteur des attentes. Abordé dans un précédent billet, District 9, le premier film de Neill Blomkamp, supporté par Peter Jackson, est un sacré morceau! A la manière d'un documentaire pour pas mal de séquences, surtout le début qui nous plonge directement dans l'histoire, l'impression dégagée est un réalisme captivant. Servi par des effets spéciaux pas forcément tape-à-l'oeil mais particulièrement bons (Weta Digital oblige), les images des bidonvilles du District de Johannesburg sont vivantes et crédibles. L'intégration des "crevettes" est bluffante, sur des prises de vue en perpétuel mouvement, façon caméra à l'épaule. Les incrustations et le grain vidéo nous renvoient directement aux retransmissions de CNN, ou nous rappellent par exemple le court-métrage "Seconde Renaissance" de Animatrix. Bref, tout est fait, et bien fait, pour nous absorber dans un univers réaliste et malheureusement presque réel (pour peu qu'on fasse preuve d'imagination pour voir là, à la place des aliens, des êtres humains tout aussi défavorisés) où l'homme, loin de s'élever après cette criante preuve qu'il n'est pas seul dans l'Univers, continue à chercher profit, pouvoir, armes et supériorité sur l'étranger...

De la Science-Fiction intelligente, de l'action, beaucoup d'action forcément, avec une mise en scène énergique et que j'ai trouvé adaptée. Les interviews ponctuant le récit, qui finalement pourrait se comparer facilement à un documentaire sur les agissements de la MNU, font directement appel à la perception du monde moderne qu'on peut avoir via la télévision aujourd'hui. Que se passe-t-il vraiment au District 9? Pourquoi la MNU s'intéresse-t-elle de si près aux aliens? Que sont-ils venus faire là? Des questions, quelques réponses. Un film ouvert alors que les esprits humains sont dépeints si fermés, si terrifiés par l'autre.

Une belle réussite à mon avis, les aliens ont une présence à l'écran affolante, un rendu vivant notamment grâce à ces yeux, ces regards saisissants de réalité, dans lesquels on perçoit un être... A voir en VO pour profiter des accents d'Afrique du Sud!

Cinoche en relief

Ces derniers temps, je suis allé au ciné voir un excellent film, le dernier Pixar. On est proche du pléonasme avec "excellent film" et "Pixar", vous en conviendrez. Car "Là-haut", puisque c'est de lui qu'il s'agit, est un bien agréable film qui m'a fait rire ou sourire plus d'une fois! Toujours aussi bien foutu techniquement, et graphiquement, c'est un plaisir pour petits et grands...
Enfin, plaisir, ça dépend. Bon, là je prends cet exemple parce que c'est le plus récent, mais ça s'applique à d'autres films. Plaisir de voir un bon film donc, plaisir pour les enfants, c'est certain, mais pas forcément plaisir du porte-monnaie. Car au cinoche où je suis allé, la séance était en Numérique 3D. En relief, en fait, pour être précis. Et uniquement disponible en relief. Or pour profiter du relief, aujourd'hui, faut des lunettes spéciales. Ok, on nous les propose à la caisse, no problemo. C'est 2.50€, mais on peut les garder. Cool, et donc le prochain coup, c'est combien? C'est zéro? Béh non, c'est toujours un "surcout" de 2€ (au lieu de 2.50€). Ah ok... Donc la séance style à 8.20€ passe à 10.20€. Et là je parle banlieue de Toulouse. Sur Paris, c'est plutôt 9.50€ qui se transforment d'un coup en 11.50€. Pratiquement le prix d'un CD, et plus de la moitié du prix d'un DVD... Ah oui quand même.

Ok, on chausse les lunettes, et que voit-on? Ben un film en relief. Et pas mal rendu soit dit en passant. Bon, on se dit que niveau fluidité on a probablement perdu un peu (une impression?), comme au niveau couleurs, mais ça peut passer. Là le film est une animation en images de synthèse, donc l'obtention de l'effet de relief (à savoir la "capture" de deux images légèrement décalées destinées à être projetées l'une sur l'oeil gauche et l'autre sur l'oeil droit) est vraiment ultra simple, ça se fait en deux clics au niveau du rendu des images par les ordinateurs, pour aller vite. Ca prend juste un peu plus de temps de calcul. Le surcout n'est pas énorme par rapport à tout le travail artistique qu'il y a en amont de cette étape. On comprend alors que la tentation de proposer un "Là-Haut" ou un "Age de Glace 3" en relief est forte : pour peu d'effort supplémentaire, on peut proposer une "expérience" différente et unique au spectateur. Et ça peut marcher puisque c'est assez sympa, et le public visé (les enfants) adore.

Le problème, c'est qu'on voit poindre à l'horizon, depuis quelques mois maintenant, toute une palanquée de films "en relief". Quasiment tous les futurs films d'animation le seront, tout comme l'étendard de James Cameron, le très attendu "Avatar", ou très récemment le mortel (huhu) "Destination Finale 4". Là, coté technique, c'est un peu plus compliqué puisque pour ces films "live", il faut un système de caméra spécialement adapté à la prise de vue stéréoscopique. Et c'est pas donné. Donc c'est un investissement pour la prod. Dans un but précis qu'on devine facilement : proposer quelque chose d'unique et de contrôlable au cinéma. Lire ici : ramener les gens au cinoche, les sortir de leur canapé planté devant le Home Cinéma ou de leur lecteur DivX. Donc contrer par un nouveau moyen le piratage. Ok ok, si l'intention est louable, la manière laisse à désirer! Car comment ne pas prendre cette histoire des 2€ supplémentaires pour du racket. Car si toi pas vouloir payer pour la 3D, ben toi voir ailleurs si ton film y est, en 2D. C'était en tout cas le cas pour ma séance dernière.

La généralisation qu'on devine de la "3D" (du relief on devrait dire) n'est ici apparemment pas un choix artistique, mais totalement marketing. Le but recherché est d'appâter le chaland (c'est moche de racketter les enfants!) en lui proposant quelque chose uniquement visible au cinoche, le tout en lui faisant payer en plus. Si l'idée est de contrer le piratage, je finirais par croire que c'est l'effet inverse qui va se produire. Car bon, si "Là-Haut" m'a plu au final, c'est pas par son effet de relief, mais bien par son histoire et la façon de la raconter. En 3D ou en 2D, peu importe!

L'avancée technologique est là, soit. On a aujourd'hui la possibilité de voir quelque chose en relief dans une salle obscure, sans avoir mal au crane. Mais toujours avec un accessoire, ceci dit. De là à comparer ça au passage du N&B à la couleur, ou encore pire, du muet au parlant, faut peut-être pas pousser. Non, ce qui peut déranger là c'est vraiment encore cette odeur mercantile qui se dégage de cette tendance (de fond ou simple mode?). Alors que l'expérience proposée par ce biais au Futuroscope ou à l'IMax de la Cité de l'Espace par exemple est réellement scotchante car pensée dès le début pour ça, là pour de "simples" films de ciné, on pourrait surement s'en passer. Que les salles investissent pour lutter contre le piratage, pourquoi pas. Qu'on me le fasse payer, moi spectateur, parce que d'autre ne vont plus au ciné, c'est pas un peu le monde à l'envers?

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