Une fois en l’air, tout le monde se rassemble, l’avion leader dirige la formation et les autres doivent le suivre, à leur position attribuée, le plus fidèlement possible. Souvent, il est préférable de désigner leader le pilote qui a le moins d’expérience du vol en formation et/ou celui qui a l’avion le plus lent. Il n’a qu’un rôle de « guide » finalement, mais doit tout de même faire preuve de maîtrise tout en douceur dans les changements de cap ou d’altitude.

Derrière, les pilotes plus ou moins aguerris se rapprochent autant qu’ils le peuvent de l’avion précédent. Leurs mains et pieds sans arrêt au travail sur le manche, le palonnier et les gaz, pour tenir la position. Pas si simple puisque tout ça se fait dans un air pas forcément calme, à 150km/h sur des avions légers, donc sensibles au moins coup de vent. Et c’est là que l’expérience de la formation se voit clairement. Et avec l’expérience probablement aussi l’assurance ou la confiance en soi. Car avec ce genre de petits avions, la formation doit être assez serrée pour être jolie et bien sortir sur les photos.


L’expérience, et en tout cas la pratique, on a pu la sentir au niveau du photographe ! Installé en passager dans un zinc comparable aux zincs photographiés, j’avais emporté avec moi mon meilleur reflex sur lequel était monté pour la première fois dans ce genre de manip mon nouveau Tamron 24-70 f:2.8 stabilisé. Très bon piqué, stabilisateur optique, et grande ouverture, pour un bon poids. Le matériel adapté aux vols photo. Mais une fois en place dans l’avion, avec harnais, porte ouverte et visant vers l’arrière donc en mode contorsionniste, c’était loin d’être confortable ! Et les « bugs » peuvent s’enchaîner : trop de vibrations dues au vent pour que la stabilisation soit vraiment efficace, probablement renforcées par le pare-soleil sur l’objectif ; débrayage par inadvertance de l’AF et du stabilisateur (les switch sont placés de telle façon qu’en vol, avec la position de prise de vue, il était facile de les actionner sans faire attention) et donc toute une volée de photos floues, voire très floues alors que la formation était belle. Heureusement niveau carte mémoire et batteries tout était ok (expérience passée !). Mais rien de plus rageant que de constater, souvent une fois au sol, que la majorité des photos va aller à la poubelle. Sur ce genre de vol, le taux de déchets est important c’est un fait. Les conditions de prise de vue sont assez particulières. Mais c’est avec ce taux de déchets aussi qu’on peut vérifier qu’une séance s’est bien passé ou pas.

Enfin, l’expérience du pilote de l’avion-photo, c'est-à-dire la plate-forme photo, joue un rôle facilitateur non négligeable dans l’affaire. S’il à l’œil et l’expérience de ce genre de manip, il sait où placer son avion pour que son photographe puisse faire les bons clichés. Ce n’est pas évident, d’autant que contrairement aux autres pilotes dans la formation qui doivent regarder devant vers leur leader, lui regarde souvent en arrière puisque l’avion photo précède la formation pour un meilleur angle de vue. Gare alors au torticolis !

On le voit, la réussite d’un tel vol photo est très dépendante de la préparation qui permet de mesurer les différences d’expérience et de cadrer les choses faisables. Et plus il y a d’avions impliqués, plus c’est compliqué. Chacun doit être concentré à la tache et savoir ce qu’il doit faire.

En définitif, chacun aura pris du plaisir. Les pilotes maîtrisant la formation; ceux qui maîtrisait moins ont pu progresser justement en regardant faire les autres, ou en en discutant ensuite ; le photographe également, que ce soit l’œil collé à l’appareil photo ou directement. Si tout cela est réalisé dans la bonne humeur, vers le coucher du soleil, et qu’on se retrouve tous ensuite autour d’un bon verre alors on est largement satisfait.

PS : merci donc à tous les pilotes impliqués dans ces manips!