Sautons ensuite vers 1954, toujours centré sur l'aéroport. Les traces de la guerre sont effacées, du moins depuis le ciel. On voit que la zone aéroportuaire nord-est s'est développée, avec l'arrivée notamment de l'aérogare de Blagnac (maintenant appelé Blagnac-1). La S.N.C.A.S.E. n'a pas beaucoup bougé, alors que la ville de Blagnac commence à s'étoffer légèrement. La piste a été rallongée, coupant ainsi le Chemin de Lectoure. Il faut commencer à contourner l'aéroport!

Toulouse-Blagnac en 1954
(image brute et image légendée en cliquant)

Quinze ans plus tard, le changement technique de l'aéroport est radical: une nouvelle piste vient d'apparaitre, pour permettre à la nouvelle star du ciel de décoller et faire ses essais. On nommera cette piste la "piste Concorde". Au Sud, ce sont désormais les hangars de Sud-Aviation qui fabriquent Caravelle et Concorde, Tout près vers l'ouest, les usines Dassault-Breguet, qui assemblent des Fouga et des Jaguar. Au nord-est, la zone de l'aérogare s'est un peu développée. Mais ce sont surtout les territoires urbains de Blagnac et Colomiers qui ont grandis! Les HLM poussent comme des champignons, en bordure de Toulouse (à Ancely) ou tout autour du vieux centre de Colomiers. D'ailleurs, pour contourner ce centre ancien, la RN124 est déviée pour passer plus au sud, et compte alors 2x2 voies, alors que le reste, bordé de platanes, conserve ses 2x1 voies. Les nouveaux quartiers columérains apparaissent, tout comme les ronds-points qui seront une curiosité de la ville (une des seules en France où la priorité reste à droite, donc aux entrants, jusqu'au début des années 2000).

Toulouse-Blagnac en 1969
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On fait finalement un bond dans le temps de presque 40 ans. En 2010, l'aire urbaine est méconnaissable! De la vue sélectionnée ici, seule un coin nord-ouest a conservé les champs de 1946. Tout le reste s'est urbanisé. Le développement de la zone aéroportuaire nord-est est tout aussi impressionnant que celui de la zone aéronautique sud-ouest. L'aérogare Blagnac-1 est toujours là mais inutilisé, surpassé par Blagnac-2 toujours en expansion. Dassault-Breguet a quitté Toulouse en 1989, signant la fin de l'aéronautique militaire dans la ville rose. A la place, c'est Aérospatiale, puis Airbus qui a implanté de nombreux halls d'assemblage. Puis un peu plus au nord l'usine "Clément Ader" pour les A330 et A340, qui était à son inauguration le plus grand volume couvert du monde. A l'arrivée de l'A380, nouvelle extension avec le nouveau Delivery Center "Ziegler" à Colomiers, et l'usine "Lagardère" au nord de l'aéroport, à Blagnac (hors-cadre). L'emprise urbaine de Colomiers et de Blagnac a été multipliée plusieurs fois, et continue de grandir. Le tissu urbain est pratiquement unifié entre Toulouse, Blagnac, St-Martin-du-Touch et Colomiers (ainsi qu'avec Lardennes et Tournefeuille, au sud hors de la vue cadrée ici).

Toulouse-Blagnac en 2010
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Il est assez intéressant de constater ce qui a subsisté au fil des années. Les ex-batiments S.N.C.A.S.E. sont toujours là et produisent les ATR. L'aire de compensation (zone quasi-circulaire au sud-ouest de la piste Concorde, apparu en 1969) est toujours là et également toujours utilisée et un taxiway attenant existait déjà en 1946... Pour le reste, on remarquera aisément l'ampleur du développement urbain des alentours, véritable indicateur de la puissance et de la croissance de l'industrie aéronautique à Toulouse.