Un jour donc, le disque en question, de son petit nom D:, vient à disparaitre de la liste des présents. Tout d'un coup, un matin. Sans crier gare. Hop, disparu le D: du bureau. Qu'à cela ne tienne, un redémarrage le réveillera bien, c'est encore une facétie de Fenêtres (le nom québécois de Windows! ;oP ). Eh bien non, il reste toujours aussi muet, le dédé. Sueurs. Qu'avais-je sur ce disque qui n'était pas sauvegardé ailleurs? Plein, trop de choses. Une plongée dans les tripes électroniques du corps noir qui abrite ledit disque s'impose. Câblage:vérifié. BIOS:vérifié. Alimentation:vérifiée. Bruits suspects:absents. La panne est inexplicable.

C'est là que notre ami gougueule, tel un DrHouse omniscient, entre en scène. Une recherche efficacement menée nous conduit à penser que le problème est largement répandu, voire mondialement connu. Sauf de moi, semble-t-il. Il s'avère que mon disque dur est un Seagate. Modèle Barracuda 7200.11. Barracuda parce que silencieux. Et il l'est grave. Et 7200 parce que les plateaux contenant ma galaxie de données tournent à 7200 tours par minute. Et 11 parce que c'est la 11ème version de cette série. J'apprends donc via le DrGoogle que cette série est frappée d'une étrange maladie qui rend ses membres totalement muets du jour au lendemain, sans signes avant-coureurs. Et que cette maladie est connue et reconnue par le constructeur.

Bien, maladie identifiée. Quel traitement? Le troubleshooting indique clairement qu'il y a 90% de chances que ce soit un problème d'ordre électronique, et non mécanique, et que les données sont seulement en sommeil, mais toujours là. Ouf. Le ciel noir, sombre qui s'était amassé au-dessus de ma tête s'éclaircit progressivement. Contact est pris avec Seagate, qui dispose d'un Recovery Service, un département chargé de vous récupérer les données contenues sur des disques en panne, moyennant un forfait qui semble inférieur à ce que des sociétés privées, non constructeurs, peuvent proposer. Ça reste cher, mais pour des clients professionnels, ça peut reste de l'ordre de la dépense raisonnable.

Néanmoins, le contact de Seagate, après avoir bien vérifiér avec moi que j'avais bien procédé à la recherche de panne correcte, conclut qu'il est fort probable que mon modèle souffre de LA maladie, et me propose la prise en charge de l'unité pour vérification et réparation. Un formulaire rempli plus tard, un numéro d'identification du transporteur TNT m'est alloué, et un porteur viendra chercher deux jours plus tard le colis que j'aurai pris soin de confectionner pour expédier mon cher Dédé à Amsterdam, le centre Europe pour le matos Seagate.

Le suivi en ligne sur le site de Seagate m'indique qu'alors que la France célèbre la victoire de 1945, un hollandais est en train d'ouvrir le coeur, ou le cerveau de mon cher disque. En fait, cela ne lui prendra semble-t-il que deux minutes, histoire de flasher le firmware de la partie contrôleur. Sitôt mis à jour, sitôt reconfié à TNT pour une livraison quelques jours plus tard. Sans un sou dépensé.

Le moment du rebranchement du dédé, de l’auto-greffe, est chargé d'émotion. Repartira-t-il? Se souviendra-t-il de ses données, là, enfouies quelque part? Entretemps, un copain lui avait été ajouté, portant une galaxie de 1 et de 0 deux fois plus importante. Au cas où, et pour jouer au disque de sauvegarde. Entrailles ouvertes; disque branché; câbles vérifiés; bouton pressé... Démarrage et ... tataaaaa! Disque reconnu, monté et prêt à l'emploi. C'était bien ça.

Conclusion: la série des disques durs Seagate Barracuda 7200.11 (mais pas que on dirait) souffre d'un mal de firmware bénin facilement soignable en usine Seagate, et pris intégralement en charge par Seagate. Et même assez rapidement malgré ça. L'opération est indolore, les fichiers sont tous là au grand complet et on respire.
La sauvegarde, sur un autre disque, est également plus que recommandée, même si dans des cas comme le mien on peut récupérer des choses. Mais c'est la minorité des cas. Ainsi, si un jour votre Seagate rend l’âme, vérifier sa référence, la référence de son firmware, s'il tourne correctement sans bruit. Déjà rien que ce paramètre peut indiquer si c'est grave ou pas. Et confier le bébé à Seagate.

PS: je ne détiens évidemment pas d'action du constructeur, mais pour une fois que l'expérience avec un acteur de l'informatique est bonne et pro, autant en parler! ;o)