Alors que le World Press Photo vient de désigner sa photo de l'année 2011, et qu'elle suscite la polémique (qu'est-ce qui ne suscite pas la polémique de nos jours, ma bonne dame?) puisqu'on peut y voir une femme entièrement voilée tenir dans ses bras un homme au Yemen qui n'est pas sans rappeler l'iconographie chrétienne, je tombe sur une sorte de retrospective de toutes les photos de l'année élues par l'organisation indépendante, depuis 1955.

Et force est de constater que globalement, pour être dans le top du concours, il faut faire de la photo de guerre, montrant un désastre, une souffrance, la mort, une situation choquante. Le photojournalisme est peut-être aujourd'hui le dernier vrai nid de photographes pros? Ou alors c'est une sorte de figure imposée, un peu comme pour un acteur, faire un biopic est une garantie d'Oscar?

On note quelques photos choc, impressionnantes puisque soit connues, soit captant un instant décisif, comme la lauréate en 1960 (assassinat de Inejiro Asanuma) ou celle de 1963 (le moine Thich Quang Duc s'immolant) ou encore celle de 1972 (la petite Phan Thi Kim Phuc fuyant les bombardements de napalm au Vietnam)... On note également la forte représentation de scène ayant eu lieu pendant l'engagement américain en Asie du Sud-Est. Mais globalement la sélection montre quasiment toujours soit un mort, soit un instant avant la mort, ou après, des pleurs, de la souffrance et des enfants. Le mélange de ces notions est évidemment possible.

J'ose imaginer qu'il n'y a pas que ça dans le top du photojournalisme... Heureusement les autres galeries du site de l'organisation offrent des approches différentes.