Nouvelle année, nouvelle expérience. Par une superbe journée d'hiver, alors que le thermomètre flirte avec le 0°C, et que la bise se calme enfin, j'enfile une tenue bien chaude, j'ajuste les lunettes de soleil, les gants et je vérifie le matériel photo. Le petit Piper jaune et rouge attend. En un rien de temps il est déjà en l'air à grimper dans la vallée. Ca monte bien, il fait beau, le paysage se couvre progressivement de neige, puis de glace. Des étendues duveteuses blanches et bleues se dressent les pics gris et noirs des Alpes. Au loin la pyramide du Cervin. En dessous les multiples serpentins, traces laissées par les randonneurs à ski. Il y en a pratiquement partout.

D'autres traces en arc se voient maintenant sur la demi-cuvette du glacier. Les pilotes du cru s'en donnent à coeur-joie dans la poudreuse, posent, virent, repartent. Après un tour de repérage, puis un autre, nous y allons. A notre tour de se poser sur le porte-avion glacé. La paroi rocheuse nous surplombe, l'ombre du Piper nous rattrape, le coussin de neige défile vite sous les skis. Le contact est doux, moelleux. Et déjà, pied dans le coin, jouant des gaz, mon barbu de pilote vire pour nous remettre dans la pente, et redécoller. Belle sensation de glissade, tout en légèreté on dirait. On quitte le sol blanc sans même s'en apercevoir...

Une belle impression de liberté. Le silence du glacier une fois le moteur coupé, le paysage de monts blancs, l'idée de flotter à la surface de la grande vague de glace en y laissant seulement des traces éphémères... Un bel après-midi de vol qui refroidit les doigts et les pieds mais qui donne chaud au coeur!