Tokyo. Un peu comme New-York, le nom de cette ville évoque pour un européen une destination lointaine, étrange. Plus même que New-York ou Rio. La différence de culture est ici totale. Et la parcourir, le nez en l'air, les oreilles assaillies de mots impossibles à déchiffrer, les yeux au bord de la rupture, de la surexposition, c'est se projeter dans une ville de science-fiction.

Si Shanghai c'est la ville de S-F par l'architecture et les jeux de lumières colorées, Tokyo c'est la S-F par la vitesse et le mode de vie. On se croirait dans Akira, ou Ghost in the Shell, ces animés hors-normes, véritables chefs-d'oeuvre dans leur genre, et qui marquent l'imaginaire. Mais là, c'est "pour de vrai"!

De quelques jours à Tokyo je ne vais retenir que l'essentiel. Pour le moment, la ville tentaculaire me fait l'effet d'une juxtaposition hétéroclite de batiments à l'architecture pratiquement inexistante (si ce n'est un aspect là-aussi parfois un peu futuriste, et souvent particulier à la ville). Accrochées aux murs blancs, ou brun, ou vert, ou jaune, ou gris de ces immeubles quelconques, des enseignes verticales et lumineuses par milliers, jetant sur la rue des flots de rouge, de bleu, de blanc, de vert, de jaune... Des étincelles se reflétant sur le sol et dans les yeux et les lunettes à la mode des passants et des passantes. Une foule jeune, dans ces quartiers aux noms fameux que sont Shibuya, Shinjuku, Akihabara. Une foule de costards cravates dans les districts d'affaires, sans charme particulier, avec leur lot de Starbucks et de McDo. Une foule de jeunes filles hyper branchées, joliment maquillées, à l'allure vestimentaire qu'on retrouve, comme décidément une n-ième "copie chinoise", à Shanghai.

Par de nombreux aspects, il m'est possible de comparer Shanghai, la ville qui voulait être la plus riche de Chine, et Tokyo. Il me faudrait probablement y revenir plus abondamment plus tard, mais la chinoise et la japonaise, même si elles partagent un gout pour le chic, le luxe, la vie urbaine colorée et lumineuse, sont marquées par leurs cultures respectives. Et il apparait une sophistication, un raffinement particulier au Japon que je ne retrouve pas en Chine. Ce n'est pas nouveau on me dira. Mais au moins j'ai des bases de comparaison ;o)

Et comment mieux profiter de ce petit aperçu sur la culture nippone que par le biais d'un tournoi de sumo, le Tokyo Basho! Dans l'enceinte du Ryogoku Kokugikan, un concentré de muscles, de poids, de rituels, de sacré, et de Japon. Une journée commencée à travers un ancien jardin privé de shoguns, poursuivie par une plongée démente dans Akihabara et ses magasins d'électronique et de mangas, et qui se termine par un tonnerre d'applaudissements pour un yokozuna (champion de sumo) victorieux!!

A suivre...