Le PhotoBlog de Stéphane Beilliard

{ Un blog photo d'aviation, de paysage, de ville, en panoramique ou en macro, et même de synthèse. Entre Nouvelle-Zélande et Québec, entre le ciel et la terre, un peu d'écologie ne ferait pas mal non plus. Le Blog de Stéphane Beilliard }

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Cinoche

Man of Steel


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/!\ Attention, ce billet contient des spoilers /!\

C'est très à la mode en ce moment. Il faut que ce soit le moins risqué possible. Il faut que le public connaisse par avance, mais par nostalgie ou par curiosité se rende tout de même dans les salles pour aller voir. Ainsi les "reboot" ou les remake de films fleurissent, cartonnent au box-office et engraissent des studios par ailleurs bien frileux à investir dans autre chose.

Man of Steel est le remake de Superman, le premier du nom, celui de Richard Donner sorti en 1978. Il y a 35 ans donc. Et on apprend que globalement ça va raconter l'histoire d'un gamin, Kal-El, dernier représentant de sa civilisation kryptonienne, envoyé sur Terre par ses parents avant la destruction complète de leur planète natal. Au final, je vais pas vous re-raconter l'histoire, probablement une des plus connues des comics. Le film de Richard Donner, avec Christopher Reeves, est un classique et un succès, et se base lui-même sur l'adaptation de la BD de Jerry Siegel. En dehors de ça on a eu droit à des séries télé (Lois & Clarck, Smallville), des dessins animés, un retour de Superman assez poussif (Superman returns)... Donc on connait bien. Qu'y avait-il de si intéressant pour en faire un remake?

La technologie, peut-être? Car on en prend plein les mirettes, c'est clair. La direction artistique s'est laché pour dépeindre une Krypton et des kryptoniens au bord du gouffre dans une lumière et des textures superbes. On en voit donc plus que dans le film original, et tout ça est évidemment mieux rendu.
Idem pour la célèbre tenue de Superman -qui porte toujours le S sur la poitrine, non pour signifier Superman mais comme le symbole de sa famille- revisitée à l'occasion. Le super-héros perd son slip rouge, du coup. Mais pas ses muscles, magnifiquement dessinés par la combinaison taillée juste. Les effets spéciaux, notamment lors des affrontements avec le General Zod, sont spectaculaires, voire même un peu trop hypertrophiés. Mais j'y reviendrai. On a donc là une mise à jour de la forme des plus alléchantes, qui peut justifier qu'on revienne, trois décennies après, sur une histoire ultra-connue.

Sur le fond, on ne note pas vraiment de nouveauté, si ce n'est une nouvelle dose de modernisation avec l'introduction des OGM (oui en fait Clark/Kal-El est pratiquement un OGM puisque ses cellules emportent avec elles le savoir et l'essence-même de la civilisation kryptonienne). Mais surtout dans la quasi-justification de la destruction de Krypton. En effet, les kryptoniens ont développé une technologie leur permettant de "cultiver" leur descendance, dès la conception, par sélection génétique puis par procréation "artificielle". Ainsi des dirigeants, des soldats, des généraux, des savants, des ouvriers sont préconçus et élevés comme tels. Plus personne ne nait naturellement. Un gros clin d'oeil au "Meilleur des Mondes" de Huxley. La planète se disloque, ses habitants se montent les uns contre les autres (le chef des armées, le Général Zod prend le pouvoir par la force). Il n'y a qu'un pas pour voir là un chatiment divin.
De l'ingénierie génétique il découle la psychologie assez belliqueuse du Général Zod, dont le patrimoine génétique de guerrier le force à protéger Krypton et ses intérêts, même par delà la destruction de sa planète et celle de la Terre et de ses habitants (surtout ses habitants si possible, pour que les kryptoniens puissent s'installer à leur place). On comprend donc que tous ses actes ne sont que les conséquences de son programme génétique, et seulement lui. Il ne peut raisonner autrement. D'autant plus que Clark/Kal-El, lui né d'une conception naturelle, la première depuis des siècles sur Krypton, n'est donc pas génétiquement programmé et qu'il échappe ainsi à sa destinée génétique.

Le film est grosso-modo pratiquement scindé en deux parties : une première partie, les deux premiers tiers disons, assez intéressante puisqu'on y découvre la jeunesse de Clark Kent, et sa relation avec son père sur Terre. Cette relation est bien dépeinte, avec de bons moments poignants où Jonathan Kent (Kevin Costner) essaie de préserver son fils adoptif, lui indiquant qu'il serait préférable de cacher ses pouvoirs aux autres autant qu'il le peut. C'est bien ce lien paternel qui est au centre de ce début du film. Un lien paternel qui évolue alors que Clark découvre une arche krypton sur Terre dans les glaces, et a accès à la mémoire de son père naturel, Jar-El (Russell Crowe), via son hologramme. Il découvre ainsi qui il est et pourquoi il est là. Toute cette partie, à elle seule, vaudrait le détour.

C'est dans la seconde partie, le dernier tiers, que ça se gâte. Déjà, on avait eu une petite idée lors d'une "altercation" entre Superman et l'équipe de repris de justice du Général Zod, à Smallville. L'étendue des dégats était assez démentielle, avec intervention de l'armée pour couronner le tout. Par la suite donc, cette bande de méchants très méchants menée par Zod s'en prend à nouveau à l'Homme d'acier mais cette fois-ci en plein Métropolis (alias New-York). On a droit là aussi à une débauche de destruction digne de Dragon Ball Z. Les kryptoniens profitant de leur présence sur Terre pour développer les mêmes super-pouvoirs que Clark, c'est à celui qui frappera le plus fort pour envoyer l'autre traverser les immeubles de part en part. A mains nues, on ne voit pas trop où ça peut bien mener. Cette séquence est trop longue finalement. Montrer que les forces en jeu sont immenses, OK, mais détruire la moitié de la ville à la baston, c'est juste épuisant. D'autant que vient par-dessus tout ça une jolie morale: alors que Zod veut montrer qu'il ne reculera devant rien pour faire de la place pour son peuple sur Terre, il s'en prend à une innocente famille dans le hall de Grand Central Station. Le papa, la maman et les deux beaux enfants sont terrifiés, terrorisés, ils vont se faire découper sous les yeux de Clark qui tente de contenir Zod (on vient de voir la moitié de Métropolis exploser sous les coups de ces deux-là, je le rappelle). Le dilemme est terrible: sauver ces innocents et tuer un des siens ou rester fidèle à Krypton? Il décide finalement, évidemment, de sauver la pauvre famille en faisant craquer la nuque du Général, qui s'écroule... Tout ça... pour ça? Franchement on est un peu déçu. Ok, forcément on est sur un blockbuster américain, il y a des passages obligés. Mais ça gâche tout. Tant pis.

Alors nous voilà avec un "reboot" entre sympa et "bof bof" mais qui laisse un gout bizarre dans la bouche. Aurions-nous pu nous en passer? Certainement. Aurons-nous des suites? Forcément! Cet opus est un gros succès avec un box office US qui frise les $290 millions (pour un budget de $225 millions tout de même), qui a passé les 2 millions d'entrées en France et qui va se vendre comme des p'tits pains en Blu-ray & DVD pour Noël... Une suite combinant Superman à Batman est d'ores et déjà prévue. Normal finalement quand on voit que c'est Christopher Nolan, le "rebooteur" à succès de Batman, qui produisait Man of Steel. Et c'est aussi ce qui déçoit un peu, quand on voit comment The Dark Knight (et Batman Begins dans une moindre mesure) a redéfinit la franchise Batman. Ou quand on se régale avec Inception. Ceci dit, on aurait pu se douter de quelque chose avec The Dark Knight Rises et sa baston interminable entre l'homme chauve-souris et Bane...

Bref, le film sort ces temps-ci en Blu-ray, DVD, VHS, compact-disc et Super8 probablement. De bonnes ventes en perspective, à parier. Et puis on passera à autre chose. Un autre remake peut-être, genre Robocop. Quoi? Robocop, un remake? Et oui ma bonne dame. Le film original de Paul Verhoeven est sorti en 1987, soit il y a 26 ans. Il est passé dans la catégorie "film de collection" alors? Déjà qu'il était film-culte. Une claque à l'époque. Son cynisme, sa violence, sa mise en scène, son thème, ses effets spéciaux (pour l'époque), Peter Weller, sa musique (de Basil Poledouris), tout ça faisait un sacré cocktail. Et bien non, nom de nom, voilà-t'y pas qu'arrive un remake? Bon, on verra bien. Entre ça et un film de super-héros, on a l'embarras du choix...

Gravity

GRAVITY

Plan large. Une portion de la Terre, avec ses rubans de nuages, ses océans bleutés et ses terres, est vue depuis une orbite basse. Un léger bruit grave est audible. Quelques étoiles sont visibles sur le noir du ciel, sur le bord droit. Lentement, le paysage défile sous nos yeux. Des échanges radios se font à présent entendre. Une des étoiles semble bouger. Et grossir. Ce n'est pas une étoile, c'est un vaisseau. Les messages radios sont de plus en plus compréhensibles. Ce sont les échanges entre le Contrôle de Mission au sol à Houston et la Navette Spatiale qu'on devine maintenant contre le fond noir. La Navette grossit rapidement dans le cadre pour s'inscrire sur le paysage terrestre en contrebas. Le point de vue s'approche encore, tournoie autour de l'orbiteur pour atteindre la soute qui contient le télescope spatial Hubble, installé sur un support d'arrimage. La spécialiste de mission Ryan Stone, installée au bout du bras robotique de la Navette, s'affaire sur une des baies électroniques du télescope pendant que virevolte autour de l'ensemble le Commandant Matt Kowalski. Celui-ci teste un dispositif de déplacement autonome, une sorte de jetpack, accroché dans son dos. Il n'est ainsi pas relié physiquement à la Navette. La caméra se promène, flotte maintenant autour des deux astronautes, offrant des cadrages parfois au plus près d'eux. L'activité radios est intense, mais calme et relativement bon-enfant, avec un Commandant Kowalski, dont c'est l'ultime mission avant la retraite, assez prompt à raconter des histoires. On sent Stone, scientifique rookie de l'espace, plus concentrée à la fois sur sa tache et sur son mal de l'espace.

Changement d'ambiance. le Contrôle à Houston informe les astronautes que des débris de satellites ont été repérés en interception de leur orbite. Ils doivent cesser leurs activités, regagner l'intérieur de la Navette pour ceux qui sont dehors, et préparer une rentrée d'urgence. La caméra suit alors Kowalski qui quitte un instant Stone pour s'occuper, dans la soute, à libérer Hubble de son arrimage avec la Navette. La tension devient palpable. Le rythme s'accélère. Houston ne répond plus. Les astronautes doivent faire au plus vite maintenant. Soudain, des morceaux brillants traversent le champ de vision, en silence mais à une vitesse démesurée. Les débris sont là. Partout. Et certains viennent percuter de plein fouet la Navette qui tournoie dès lors dans tous les sens. Des débris s'éparpillent partout. Encore attachée à l'extrémité du bras robotique de l'orbiteur, Stone hurle, prise dans la rotation folle de la navette malmenée. Puis un nouveau choc sectionne, en un éclair, ce bras qui tournoie à son tour, lancé dans l'espace comme une pierre par une fronde. Le Commandant Kowalski a pris la mesure de l'urgence et tente de garder un visuel sur Stone au bout du lambeau de bras qui l'entraine. Elle doit se détacher. Ce qu'elle arrive à faire enfin. Mais la voilà alors elle aussi libérée dans l'espace, sans attache, sans rien à quoi se raccrocher, sans moyen de stopper sa propre rotation ni son mouvement. Elle s'éloigne. Seule dans l'immensité noire du ciel. Le plan s’élargit. La vue de la Terre à disparue, elle est derrière nous. Il n'y a plus que le noir et le vide. Stone est paniquée. Personne ne répond à ses appels radio. Elle tourne sans cesse. Elle est vraiment seule.

Voilà. Tout cela c'est le début de Gravity. Un générique limité à sa plus simple expression, une immersion directe dans l'Espace. Et une plan-séquence de quasiment un quart d'heure qui joue avec virtuosité avec les distances, les cadrages, les références. La caméra du réalisateur mexican Alfonso Cuaron nous plonge dans la peau d'un astronaute, flotte, se déplace, tourne avec une fluidité et une précision offrant les sensations visuelles d'une virée en apesanteur. La suite raconte la course à la survie de Kowalski et Stone, livrés à eux-mêmes après la destruction partielle de la Navette. Les séquences calmes, presque sereines, alternes avec des morceaux de bravoure, des combats épiques contre l'apesanteur et la mécanique dans l'espace. Car là haut, en l'absence de frottement avec l'air, tout objet en mouvement poursuit son mouvement immuablement tant qu'il n'est pas perturbé (par un choc, ou la mise en route d'un moteur ou autre...). Un homme, sans attache à un vaisseau, dans l'espace et sans jetpack par exemple, est incapable de modifier sa trajectoire. Il pourra toujours nager, se secouer, crier, rien n'y fera. C'est cette impuissance, cette réalité froide qui donne une grande partie de la tension que provoque le visionnage de ce film. Le stress monte, on partage, ou du moins on comprends la peur, le désespoir de Stone livrée à la dérive perpétuelle dans l'immensité de l'Espace. On retient sa respiration, comme elle lors d'un plan magistral nous emmenant en une seule prise jusqu'à l'intérieur de son casque où l'oxygène se fait de plus en plus rare.

Visuellement très ambitieux et maîtrisé, le film regorge de détails. Dans les stations, les véhicules. Pendant les séquences de destruction, des événements d'arrière-plan sont parfois aussi importants que ce qui se passe devant. Et le format IMAX 3D donne sa pleine dimension du spectacle. On est au coeur de l'image, de l'action. On se surprends à cligner des yeux instinctivement lors de passage de débris (en 3D donc). L'image est claire et nette, puisant sa puissance de la lumière des deux projecteurs synchronisés. Les vues de la Terre sont magnifiques, avec ses levers de Soleil ou de Lune. C'est clairement une volonté de retranscrire le sentiment que peuvent ressentir les astronautes là-haut, à la vue de notre planète. Le son n'est pas en reste puisque c'est un des éléments marquants et très maitrisé aussi du film. Tout ce qu'on entend retranscrit la réalité, à savoir qu'il n'y a pas de son dans l'espace (car pas d'air par exemple) mais qu'on peut "ressentir" les sons à travers la combinaison spatiale ou la structure de la station. La bande originale est adéquate car canalise efficacement la tension, le stress des moments d'actions, et peut se faire très mélancolique quand le désespoir l'emporte. Une très bonne note donc à Steven Price, qui a notamment travaillé avec Howard Shore ou encore sur Batman Begins.

Attention ce qui suit aborde des aspects de l'histoire et de l'intrigue, ne lisez pas ce paragraphe si vous ne désirez pas ruiner votre découverte du film (spoiler). Au-delà de l'aspect spectacle visuel et sonore, le film à mon avis est une véritable allégorie de la vie et de la renaissance, et du lien avec nos racines, notre planète, ainsi que notre fascination pour l'Espace. Ca parait parfois même évident. Il y a un plan assez explicite, quand Stone regagne le sas de l'ISS et quitte sa combinaison, après un long moment de tension. Se relâchant et reprenant ses esprits, on la voit flotter et prendre une position quasi-foetale sur fond d'écoutille circulaire. Position de yoga pour se recentrer et se ressourcer, en pleine régression foetale? Egalement, on peut voir peut-être toute la fin comme une métaphore de la naissance. Le coté inéluctable de la chute vers la Terre, avec Tiangong et le Shenzhou qui foncent dans les hautes couches de l'atmosphère, peuvent résonner comme le début du travail de la mère lors d'un accouchement. Stone, dans sa petite capsule, ressent la chaleur, les vibrations, les sons de cette descente. Puis la chute dans le lac, le coté étouffant de l'eau qui pénètre le Shenzhou, l'arrivée de la vie, le passage d'un environnement à un autre. On doit quitter la capsule, retenir sa respiration pour émerger... Un peu similaire à l'expulsion, le passage du bébé dans le bassin de sa mère, le passage de la vie dans l'utérus à la vie dans l'air, de la première respiration. Puis enfin la Terre ferme, les racines, l'eau. Et ce plan, toujours un plan-séquence, où par une ultime démonstration de sa volonté de (re)vivre, Stone se dresse sur ses jambes tremblantes (par le séjour en apesanteur) puis titube, fait quelques pas à la manière d'un nouveau-né... Comment ne pas voir là le début de sa nouvelle vie? Précédemment anéantie par la perte de sa fille quelques années plus tôt, ne (sur)vivant finalement que comme un zombie, roulant en voiture pour ne pas penser, elle vient de renaître. Aidée par un Kowalski-messager, dont l'âme vient la visiter aux portes de la mort, elle s'est libérée de son fardeau, et décide de vivre. Le ciel redevient alors bleu, le paysage est un paysage primitif, presque originel, intact. Une sacrée histoire à raconter, une revanche sur la mort, ou plutôt une mort qui est apprivoisée, reconnue pour ce qu'elle est. C'est peut-être tiré par les cheveux, mais c'est ce qu'on peut ressentir selon moi, par delà l'enchainement en apparence simpliste des séquences.

Alors bien sûr on peut discerner quelques erreurs, quelques arrangements avec la réalité purement scientifique. Comment expliquer ainsi que Hubble, la Navette Spatiale, ISS et Tiangong, soit les plus volumineux engins en orbite, se retrouvent sur la même orbite, à quelques encablures l'un de l'autre alors que le ciel est si vaste? Comment comprendre qu'en quelques sauts de puce on puisse passer de l'un à l'autre? Comment peut-on passer plusieurs heures en sortie extra-véhiculaire simplement en sous-vêtements dans son scaphandre, alors qu'il faut normalement de longues minutes, et de l'aide, pour enfiler ou retirer tout ça? Ce sont de petits arrangements, on l'a dit, finalement peu significatifs (après tout, sans ça, le film serait fini au bout de 15min...) qui ne doivent pas obscurcir le visionnage de 1h30 d'apesanteur. Et on le lui pardonnera en remarquant que son succès critique et public est une bouffée d'oxygène dans un paysage cinématographique un peu terme surpeuplé de remakes, de reboots, de suites et de spin-off! Une oeuvre originale et palpitante, écrite par son réalisateur, diffusée mondialement et dans les meilleures conditions possibles, sur un sujet qui n'est pas porteur comme une guerre ou des robots géants... ça se salue!
 

Prometheus

Attention spoiler! Si vous n'avez pas vu le film, et souhaitez ne pas connaitre l'intrigue, ne lisez pas ce qui suit!

Le réalisateur britannique Ridley Scott est de retour à la Science-Fiction avec "Prometheus" ces derniers temps, et personnellement j'étais curieux de voir comment se retour allait se faire. Ridley Scott, c'est pour mémoire le réalisateur du premier "Alien", film culte de la s-f avec son ambiance oppressante, son design techno-organique et sa créature de cauchemar (qu'on doit au suisse HR Giger). C'est aussi le réalisateur visionnaire de "Blade Runner", adaptation plus ou moins fidèle du roman de Philip K.Dick "Do androids dream of electric sheep", toutes deux oeuvres magistrales et philosophiques. On ajoutera également au tableau de Scott les films Thelma et Louise, Gladiator, 1492, La Chute du Faucon Noir... Bref, on l'aura compris, c'est un poids lourd du cinéma du XX et XIXe siècle, d'autant qu'il est également producteur, scénariste, directeur photo, etc.

Le retour de Scott sur un film de s-f ne pouvait que déclencher chez les fans qu'un énorme intérêt, d'autant que son projet, Prometheus donc, s'inscrit dans la grande saga Alien. En effet on parle ici d'un presque "prequel", c'est à dire un épisode d'une série de film qui se situe avant l'histoire originale. Donc ici avant Alien, le film qu'il réalisa en 1979 et qui révolutionna le genre en même temps qu'il révéla Sigourney Weaver. Les images qui filtraient de la production de Prometheus étaient... prometteuses, pour sur. Et comment ne pouvaient-elles l'être quand on sait le soin que Scott met dans ses lumières et ses plans?

Le film est sorti le 30 mai. Et son visionnage me laisse un gout bizarre dans la bouche. Non que j'ai eu droit à un "facehugger" (cf le bestiaire d'Alien) mais plutôt à un film qui me semble être trop plein de choses. Un film qui me donne une impression de gâchis. C'est pas facile à dire, tellement il y a de bonnes choses et de moins bonnes. Essayons de voir ça calmement, tout en respectant l'oeuvre de l'artiste.

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Ce qu'il restera...



A moins de vivre hors du temps, voire de l'espace, ou d'avoir fait une année sabbatique en plein milieu de l'Himalaya dans une tentative de retraite bouddhique, vous n'êtes pas sans savoir que se déroule en ce moment le Sommet de Copenhague qui tente de faire l'union des nations autour de la problématique du réchauffement climatique et des solutions qu'on peut y apporter. Les plus grands -et riches- pays côtoient les plus petits et tout ce beau monde doit s'entendre pour proposer de réelles avancées en terme d'émissions de dioxyde de carbone par exemple. Espérons que ça porte ses fruits...

Profitant de l'instant historique, Greenpeace lance une campagne d'affichage où l'on peut voir les principaux dirigeants de la planète (Sarkozi, Merkel, Obama, Medvedev...) avec rides et cheveux blancs, et un gros "Sorry". Les affiches nous placent dans un futur où le climat s'est dégradé, comme prévu, et dans lequel nos dirigeants s'excusent de ne pas avoir pris les bonnes décisions à l'époque (entendre là: à Copenhague)... Espérons qu'on n'ait pas à faire ces affiches dans 20 ou 30 ans...

Quoiqu'il en soit, il faudra bien s'y faire, la planète de dans 50 ans sera différente de celle d'aujourd'hui. Même les prévisions climatiques les plus optimistes ne sont guère modérées, et je vois mal le monde entier, d'un coup, arrêter de polluer, de "déforester", de creuser, de bruler, de consommer... Cela sera fera progressivement, au mieux, mais entre-temps les bouleversements seront visibles et réels. Et il y a fort à parier que nos enfants et nos petits-enfants ne connaitront jamais ce que nous avons pu connaitre. Que leur restera-t-il donc? Sans aller dans un catastrophisme pessimiste qui ferait ressembler la planète à une terrain de bataille genre "Terminator", ou encore à un désert obscurcit par des nuages noirs de puits de pétrole en feu genre "Tempête du Désert", peut-on se demander si les générations futures connaitront les étendues glacées du Groenland, ou les gigantesques forets boréales canadiennes? Connaitront-elles les primates d'Indonésie autrement qu'en cage d'un zoo urbain? Dans le doute, on peut imaginer se projeter à la veille des fêtes de fin d'année, autour de l'an 2050.

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Ils sont arrivés il y a 28 ans...



Une campagne marketing rondement menée pour un film au final à la hauteur des attentes. Abordé dans un précédent billet, District 9, le premier film de Neill Blomkamp, supporté par Peter Jackson, est un sacré morceau! A la manière d'un documentaire pour pas mal de séquences, surtout le début qui nous plonge directement dans l'histoire, l'impression dégagée est un réalisme captivant. Servi par des effets spéciaux pas forcément tape-à-l'oeil mais particulièrement bons (Weta Digital oblige), les images des bidonvilles du District de Johannesburg sont vivantes et crédibles. L'intégration des "crevettes" est bluffante, sur des prises de vue en perpétuel mouvement, façon caméra à l'épaule. Les incrustations et le grain vidéo nous renvoient directement aux retransmissions de CNN, ou nous rappellent par exemple le court-métrage "Seconde Renaissance" de Animatrix. Bref, tout est fait, et bien fait, pour nous absorber dans un univers réaliste et malheureusement presque réel (pour peu qu'on fasse preuve d'imagination pour voir là, à la place des aliens, des êtres humains tout aussi défavorisés) où l'homme, loin de s'élever après cette criante preuve qu'il n'est pas seul dans l'Univers, continue à chercher profit, pouvoir, armes et supériorité sur l'étranger...

De la Science-Fiction intelligente, de l'action, beaucoup d'action forcément, avec une mise en scène énergique et que j'ai trouvé adaptée. Les interviews ponctuant le récit, qui finalement pourrait se comparer facilement à un documentaire sur les agissements de la MNU, font directement appel à la perception du monde moderne qu'on peut avoir via la télévision aujourd'hui. Que se passe-t-il vraiment au District 9? Pourquoi la MNU s'intéresse-t-elle de si près aux aliens? Que sont-ils venus faire là? Des questions, quelques réponses. Un film ouvert alors que les esprits humains sont dépeints si fermés, si terrifiés par l'autre.

Une belle réussite à mon avis, les aliens ont une présence à l'écran affolante, un rendu vivant notamment grâce à ces yeux, ces regards saisissants de réalité, dans lesquels on perçoit un être... A voir en VO pour profiter des accents d'Afrique du Sud!

Cinoche en relief

Ces derniers temps, je suis allé au ciné voir un excellent film, le dernier Pixar. On est proche du pléonasme avec "excellent film" et "Pixar", vous en conviendrez. Car "Là-haut", puisque c'est de lui qu'il s'agit, est un bien agréable film qui m'a fait rire ou sourire plus d'une fois! Toujours aussi bien foutu techniquement, et graphiquement, c'est un plaisir pour petits et grands...
Enfin, plaisir, ça dépend. Bon, là je prends cet exemple parce que c'est le plus récent, mais ça s'applique à d'autres films. Plaisir de voir un bon film donc, plaisir pour les enfants, c'est certain, mais pas forcément plaisir du porte-monnaie. Car au cinoche où je suis allé, la séance était en Numérique 3D. En relief, en fait, pour être précis. Et uniquement disponible en relief. Or pour profiter du relief, aujourd'hui, faut des lunettes spéciales. Ok, on nous les propose à la caisse, no problemo. C'est 2.50€, mais on peut les garder. Cool, et donc le prochain coup, c'est combien? C'est zéro? Béh non, c'est toujours un "surcout" de 2€ (au lieu de 2.50€). Ah ok... Donc la séance style à 8.20€ passe à 10.20€. Et là je parle banlieue de Toulouse. Sur Paris, c'est plutôt 9.50€ qui se transforment d'un coup en 11.50€. Pratiquement le prix d'un CD, et plus de la moitié du prix d'un DVD... Ah oui quand même.

Ok, on chausse les lunettes, et que voit-on? Ben un film en relief. Et pas mal rendu soit dit en passant. Bon, on se dit que niveau fluidité on a probablement perdu un peu (une impression?), comme au niveau couleurs, mais ça peut passer. Là le film est une animation en images de synthèse, donc l'obtention de l'effet de relief (à savoir la "capture" de deux images légèrement décalées destinées à être projetées l'une sur l'oeil gauche et l'autre sur l'oeil droit) est vraiment ultra simple, ça se fait en deux clics au niveau du rendu des images par les ordinateurs, pour aller vite. Ca prend juste un peu plus de temps de calcul. Le surcout n'est pas énorme par rapport à tout le travail artistique qu'il y a en amont de cette étape. On comprend alors que la tentation de proposer un "Là-Haut" ou un "Age de Glace 3" en relief est forte : pour peu d'effort supplémentaire, on peut proposer une "expérience" différente et unique au spectateur. Et ça peut marcher puisque c'est assez sympa, et le public visé (les enfants) adore.

Le problème, c'est qu'on voit poindre à l'horizon, depuis quelques mois maintenant, toute une palanquée de films "en relief". Quasiment tous les futurs films d'animation le seront, tout comme l'étendard de James Cameron, le très attendu "Avatar", ou très récemment le mortel (huhu) "Destination Finale 4". Là, coté technique, c'est un peu plus compliqué puisque pour ces films "live", il faut un système de caméra spécialement adapté à la prise de vue stéréoscopique. Et c'est pas donné. Donc c'est un investissement pour la prod. Dans un but précis qu'on devine facilement : proposer quelque chose d'unique et de contrôlable au cinéma. Lire ici : ramener les gens au cinoche, les sortir de leur canapé planté devant le Home Cinéma ou de leur lecteur DivX. Donc contrer par un nouveau moyen le piratage. Ok ok, si l'intention est louable, la manière laisse à désirer! Car comment ne pas prendre cette histoire des 2€ supplémentaires pour du racket. Car si toi pas vouloir payer pour la 3D, ben toi voir ailleurs si ton film y est, en 2D. C'était en tout cas le cas pour ma séance dernière.

La généralisation qu'on devine de la "3D" (du relief on devrait dire) n'est ici apparemment pas un choix artistique, mais totalement marketing. Le but recherché est d'appâter le chaland (c'est moche de racketter les enfants!) en lui proposant quelque chose uniquement visible au cinoche, le tout en lui faisant payer en plus. Si l'idée est de contrer le piratage, je finirais par croire que c'est l'effet inverse qui va se produire. Car bon, si "Là-Haut" m'a plu au final, c'est pas par son effet de relief, mais bien par son histoire et la façon de la raconter. En 3D ou en 2D, peu importe!

L'avancée technologique est là, soit. On a aujourd'hui la possibilité de voir quelque chose en relief dans une salle obscure, sans avoir mal au crane. Mais toujours avec un accessoire, ceci dit. De là à comparer ça au passage du N&B à la couleur, ou encore pire, du muet au parlant, faut peut-être pas pousser. Non, ce qui peut déranger là c'est vraiment encore cette odeur mercantile qui se dégage de cette tendance (de fond ou simple mode?). Alors que l'expérience proposée par ce biais au Futuroscope ou à l'IMax de la Cité de l'Espace par exemple est réellement scotchante car pensée dès le début pour ça, là pour de "simples" films de ciné, on pourrait surement s'en passer. Que les salles investissent pour lutter contre le piratage, pourquoi pas. Qu'on me le fasse payer, moi spectateur, parce que d'autre ne vont plus au ciné, c'est pas un peu le monde à l'envers?

TRON

Bande-annonce d'un "revival" qui pourrait être sympa : TRON Legacy. Il fait référence à TRON, sorti en 1982, le premier film ayant véritablement utilisé les effets d'images de synthèse en 3D. Une vraie révolution pour l'époque, une époque marquée par l'émergence des jeux vidéo, des jeux d'arcade, sur lesquels d'ailleurs le film est basé.



On aura reconnu Jeff Bridges, qui jouait déjà dans TRON (l'original). La bande-annonce reprend et le modernise le code graphique de TRON, avec les visages de personnages un peu blafards, les lignes de couleurs neons, et les fameuses Lightbike. Musique de TRON Legacy par Daft Punk, on espère simplement que la mode du "recyclage" qui semble avoir le vent en poupe à Hollywood ne nous abreuvera pas de navets comme trop souvent...

Amelia : Bande-annonce

C'est pour dans six mois, mais ça s'annonce déjà. Le film "Amelia", de Mira Nair, sort début 2010 et évoque la vie d'une légende féminine de l'Aviation des pionniers : Amélia Earhart. Un long-métrage qui devrait inclure de sacrées belles images aériennes, notamment du Lockheed 12 de Bernard Chabbert, redécoré et utilisé pour représenter une des montures de l'aviatrice (connue aussi pour son Lockheed Vega rouge, exposé à Washington), avec comme "pilote-doublure" sur le tournage en Afrique un aviateur moustachu -et suisse!- connu des meetings ;o)


De la poésie?

Vous avez une sacrée envie de détruire le monde, un peu à la mode parano-despoto-démago? Vous ne savez pas trop comment faire, à part vous mettre à programmer Skynet? Allez, arrêtez de vous emmerder, allez plutôt voir le prochain film de Roland Emmerich : "2012". Sur l'exploitation de la pseudo prédiction apocalyptique à la mode en ce moment, pondue par des mayas il y a des siècles, le bon Roland, dans le style délicat qui le caractérise, vous offrira, je n'en doute pas, la vision dont vous rêvez : la Maison Blanche en bouillie, New-York ensevelie, Rome en cendre... Bref, comment l'instinct le plus basique d'un gamin de 2 ans (oui oui, vous aussi vous avez certainement détruit des châteaux de sable pour le plaisir, sadique!) se retrouve à l'écran avec quelques centaines de millions de dollars dépensés...


A voir en HD!

L'année Lune

On l'a déjà abordé, avec 2008, 2009 sera marquée par le 40ème anniversaire de la Conquête de la Lune. En juillet cela atteindra son paroxysme, puisque c'est le 21 juillet 1969 que Armstrong et Aldrin posèrent le pied sur le sol sélénite.

Simple coïncidence ou volonté de "commémorer" l'événement, un film de SF se déroulant sur le Lune est censé sortir prochainement. Ca s'appelle tout simplement Moon, et comme District 9, c'est un premier film. Et le premier film d'un gars qui n'est autre que le fils de David Bowie. La bande-annonce nous permet de croire qu'il faut s'attendre à un film plutôt plus proche de Solaris que de Star Trek, niveau action et intrigue. Le point de départ utilise quelques projets (réels et actuels) d'exploitation de la surface lunaire pour obtenir du deutérium (de l'hydrogène lourd) nécessaire à la fusion nucléaire sur Terre. Pour gérer cette exploitation, un homme, seul, assisté d'un robot-ordinateur du genre de HAL de 2001 est là pour un contrat de 3 ans. Mais à deux semaines de la fin de son contrat, alors qu'il attend de revoir sa femme et sa fille, de curieux événements se produisent, assez déstabilisants et "surnaturels".

Ce qu'on peut donc remarquer c'est qu'il ne faut pas s'attendre à de la baston SF, mais plutôt donc à de la réflexion SF, encore une fois probablement dans la lignée de l'excellent Solaris. On remarquera le design "old-school" de la station lunaire. Old-school dans le sens où ça ressemble à ce qu'on pouvait imaginer d'une station au moment d'Alien, c'est-à-dire dans les années 80-90. Bah, pourquoi pas. C'est Kevin Spacey qui est la voix du robot, et on notera finalement que la musique est signée Clint Mansell, compositeur attitré de Darren Aronofsky (qui prépare un remake de Robocop, gloup!). Bref, comme District 9, il y a de belles connexions, espérons que ce soit de bonne augure, on garde ça à l'oeil, si jamais ça devait sortir en France (pas évident).


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