Le PhotoBlog de Stéphane Beilliard

{ Un blog photo d'aviation, de paysage, de ville, en panoramique ou en macro, et même de synthèse. Entre Nouvelle-Zélande et Québec, entre le ciel et la terre, un peu d'écologie ne ferait pas mal non plus. Le Blog de Stéphane Beilliard }

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Blabla

Mode Enervé 2

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Suite du billet du 14 juin 2014...car j'en ai pas encore fini avec les trucs qui énervent!

La contre-info: au regard de ce qui précède, il devient de plus en plus clair qu'il serait peu prudent de confier ses sources d'information aux chaines d'informations, ou plus généralement à ce qu'on nomme les médias "mainstream". C'est dans cette brèche de l'incertitude et du doute que se sont engouffrés de nouveaux acteurs de l'info qui revendiquent la livraison de la seule vraie info indépendante, celle qui n'est justement pas diffusée par les canaux traditionnelles. Ici c'est "ce que les médias ne disent pas", ou "non-vu à la télé" pour vendre. Surfant donc sur cette méfiance vis-à-vis des plus grands, tout et n'importe quoi devient accessible sur des sites pas pour autant plus performants ou plus intègres. Sous couvert de dénoncer une pseudo manipulation de la vérité par des médias acquis à toutes sortes de causes plus ou moins loufoques (selon eux), ces nouveaux acteurs peuvent user et abuser de manipulations parfois tout aussi grossières et grotesques, faisant passer leur vérité qui n'est toujours pas La Vérité. C'est surtout vrai dans les camps des extrêmes, qu'ils soient de droite ou de gauche, qui n'hésitent pas à manipuler des situations banales pour en faire des cas de flagrants délits au service de leur démonstration du "tous pourris" et ainsi penser rameuter les anti et les déçus du système. Les "abonnés" de ces diffuseurs alternatifs se rendent-ils alors compte qu'ils sont là encore victimes de manipulation alors qu'ils les rejoignent pour en fuir d'autres (avérées ou imaginaires).

La Guerre du Clic: dans la jungle des sites d'info, vitrines en ligne des acteurs papiers ou véritable presse du net, et plus généralement dans la jungle des sites devant générer du cash, il y a des gratuits et les payants. Les payants doivent attirer les abonnés et les maintenir. Là peuvent se trouver des analyses et des intervenants plus posées car le financement est pré-établi. Les gratuits doivent non seulement attirer les lecteurs, mais les attirer le plus souvent possible, et du succès de cette attraction dépend finalement le retour financier. Celui-ci se fait via la publicité. On voit ainsi naitre de véritables stratégies machiavéliques pour attirer le poisson et le faire cliquer sur le titre d'une news ou d'un article pour générer du trafic et ainsi vendre à des annonceur des espaces pub censés être rentables. Peu importe au final si la pub est vue ou pas, du moment que la page est affichée l'objectif est pratiquement atteint. Et quelques recettes bien rodées sont apparues pour générer l’intérêt de lecture, et le renouveler. Pourquoi croyez vous justement que fleurissent sur de plus en plus de sites des listes du genre "les 10 bonnes façons de tromper son mari sans se faire prendre" ou "les 5 meilleurs films de l'année" ou encore "les 10 news qu'il ne fallait pas manquer"? Ce genre de titres est un appât à clics. On peut combiner ensuite avec des sujets à fort pouvoir attractifs : le sexe, le people, le fric, le clash (voir plus haut). Ou encore valider tout ceci par la promesse de résultats d'une nouvelle étude scientifique. On secoue bien et on pourrait obtenir un truc du style "les 5 études prouvant le lien entre sexe et argent". Avec ça vous avez toutes les chances d'avoir du trafic. Ensuite l'article ou la news finit en noeud de boudin et n'apporte pas grand chose (vous êtes-vous senti un peu déçu après avoir lu ce genre d'article?). Un autre cas bien établi aussi est celui de l'article à sensation, qui n'a de sensationnel que le titre. Très utilisé en collaboration avec l'entretien de la peur. Peur de l'avion par exemple. Il suffit de constater, après un incident aérien plus ou moins grave, le nombre d'articles ou de news rapportant la prétendue "frousse de leur vie" des passagers d'un vol, si possible Air France, pour se demander s'il n'y a pas un peu abus quelque part. Si on est un tant soit peu au fait de la chose aéronautique, pour rester dans le domaine, on se rend très très vite compte que c'est souvent du gros pipeau qu'on nous sert. A grand renfort de "micro trottoir" sans intérêt (c'est bien connu le passager est expert en sécurité aéronautique, surtout celui qui vous parlera de "la frousse de sa vie"... ), on nous fait gober n'importe quoi. Qu'en est-il des mêmes genres de sujets sur le domaine médical, juridique, policier ou autre? Ca laisse dubitatif... Cette guerre du clic, ou la recherche du trafic au détriment de l'info, est une calamité.

Détournement de l'attention: Une calamité dans le sens où ce ne sont certainement pas les informations les plus importantes, les plus pertinentes qui génèrent le plus de trafic, et donc sont les plus partagées. Non c'est l'inverse. Et dans ce brouhaha infernal se perd l’intérêt. Et l'on apprend un peu plus tard que pendant qu'on s'énervait après l'expulsion d'un sans-papier ou qu'on s'émerveillait de la n-ième vidéo de chat kawai, se passait dans le monde un évènement tragique ou heureux d'une importance sans commune mesure avec ce qui précède. Ou alors bien plus près de nous, qu'une loi poussée par un quelconque lobby était votée dans l'indifférence totale alors qu'elle aura une portée réelle, dans nos vraies vies, qu'on ne soupçonne même pas. Le détournement de l'attention est à la fois entretenu par les différents médias et par l'auditoire lui-même. D'autant plus aujourd'hui où le partage via réseau sociaux représente une voix parallèle d'information par rapport aux médias traditionnels. Se tenir informé des autres choses qui constituent le monde, au-delà des sujets attrape-clics ou polémiques, relève de l'effort parfois surhumain. On doit lutter contre notre propre appétit pour la nouveauté et contre notre sectarisme.

Cloisonnement: par la constitution de communautés virtuelles via les réseaux sociaux, basées sur le partage à l'intérieur de cercles unifiés autour de centres d’intérêts communs, on assiste à un cloisonnement des idées et des pensées. Il serait ainsi de moins en moins possible de pouvoir échanger des idées contradictoires puisque par essence les cercles de discussions se fondent sur l'adhésion à une idée en particulier. Prenons l'exemple d'un cercle d'amis, via Facebook, liés par l'amour qu'ils portent à la pomme de terre. Dans ce cercle d'amis s'échangeront de multiples informations, photos, études, vidéos qui seront à la gloire de la pomme de terre, ou au contraire destinés à fermement critiquer, descendre, railler les fans de la carotte (ou des pâtes). Qu'il advienne, idée saugrenue, qu'un adepte de la carotte propose de discourir des bienfaits de ce légume dans le cercle d'amis des patates sus-cité et c'est un véritable lynchage virtuel (avec parfois des répercussions réelles) auquel on assisterait. Par le groupe et pour le groupe, les intervenants se lâchent et n'entendent aucune contradiction. Aucun dialogue n'est possible, si jamais il devait même pouvoir germer. Car le resserrement des oeuillères s'opère par le resserrement des communautés. Hier c'était les amoureux de la pomme de terre, demain ce seront les amoureux de la pomme de terre nouvelle du sud-est du département. Et comme de plus en plus d'échanges s'opèrent via ces groupes, au détriment des médias plus "généralistes", auxquels de toute façon on ne prête plus aucun crédit vue la façon qu'ils ont de traiter de la pomme de terre, on finit par une "abrutisation" et une discrimination généralisée. Et cela de façon totalement progressive et volontaire. Nous sommes les victimes de nos pulsions pour la ressemblance et la nouveauté.

News addicts: les réseaux sociaux tels que Facebook ne fonctionnent que par le renouvellement permanent. Renouvellement de l'outil (ce que Facebook met à notre disposition pour partager mieux par exemple) et renouvellement du contenu. Le fil d'actu est le centre du système dont l'unique but est d'être en perpétuel mouvement pour susciter le besoin d'y revenir. Combien de fois par jour cliquez-vous sur ce logo facebook pour mettre à jour cette page? Combien de fois par heure, même? Ca devient compulsif, de la même manière qu'on scrute sans cesse ce coin inférieur droit de l'écran pour vérifier si on a reçu un email, ou qu'on check son portable de peur d'avoir loupé un message. C'est la drogue de la nouveauté. La pub joue sur ce ressort en permanence, nous présentant toujours la dernière version d'un n-ième modèle de voiture, ou la nouvelle lessive "qui lave plus blanc que blanc". Mais dans le cas des réseaux sociaux et au-délà, des sites de news, on est acteur-réalisateur même de notre propre addiction. On va augmenter son réseau pour avoir plus de mises à jour, plus de statuts d'untel ou untel en train de partager la photo de son assiette ou de ses orteils à la plage (on revient au narcissisme évoqué plus tôt). Quel est donc l’intérêt? Dans le flux infini et ininterrompu de ces informations tantôt inutiles, tantôt débiles, tantôt extrémistes, tantôt totalement fausses se noient de vraies pépites et notre temps libre, notre jugement et nos idéaux. Tout n'est pas noir et tout n'est pas blanc évidemment, mais notre capacité à voir le gris avec toutes ses nuances diminue. Mais surtout, nous passons probablement de plus en plus à coté de toutes les autres couleurs.

Mode Enervé

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Une fois n'est pas coutume, on va s'écarter un peu des discussions aéro et ciné... Car des fois y a des trucs qui énervent!

L'envahissement actuel de nos cerveaux par des bruits parasites ne cessent apparemment pas de prendre de l'ampleur. Depuis quelques années, probablement entre 5 et 10 ans, notre capacité à nous concentrer, à penser, à s'intéresser est polluée par de multiples choses dont l'intérêt est parfois inversement proportionnel à leur diffusion. L'avènement d'internet, mais surtout son détournement par des sites dits d'informations, ou de "tendances", ou d’agrégations, ou encore de buzz fonctionnant via la pub, y est pour beaucoup. On peut également incriminer les chaines d'informations en continu, et une partie des journalistes oeuvrants sur ces chaines ou ailleurs.

Ainsi, de nos jours, tout doit aller vite et être percutant. Le vocabulaire est en relation avec ces objectifs. Il faut générer du buzz, du clic, du clash, du cash. Et tant pis si on balance une idée fausse, une fausse info ou une non-info. Du moment que le client clique.

On en arrive également à tellement de brouhaha, de dits et de démentis, de blabla et de mensonges que certains journalistes se spécialisent dans l'analyse de ce bruit, et d'autres dans l'établissement ou le rétablissement de la vérité (ou du moins ce qui s'en rapproche). Le journaliste comme juge de ce qui est vrai ou ce qui est faux? Imprimer dans les esprits que toute la vérité rien que la vérité sort des hauts-parleurs du poste de télé ou de radio? Il y a probablement de quoi réfléchir... Passons en revue les mots à l'origine de ces maux.

Buzz: le buzz est le produit de cette consommation de masse de l'information (au sens large) et de la tendance narcissique exacerbée par les réseaux sociaux. Si on veut émerger, on doit buzzer. Pour buzzer, on doit faire dans le lourd, le beauf, le gras, l'extra, le grand, le débile, la performance ou le pitoyable. Ca buzz quand on se prend en vidéo en train de rouler à 200 à l'heure sur l'autoroute les yeux bandés. Ca buzz quand ça insulte, que ça castagne ou que ça montre ses seins. Autant d'artifices pour booster le compteur de vues Youtube. Compteur qui devient un indicateur non pas de popularité mais de qualité, dans l'esprit de certains. Le buzz est par essence éphémère. Si on fait le buzz, ce sera pour quelques jours, pas plus. Alors autant que ça se sache. Le temps que les médias traditionnels s'empare du sujet (pour surfer sur la vague) et le soufflet retombe, forcément détrôné par une autre vidéo-qui-buzze. Le culte de l'éphémère, du superficiel, du délirant et du crétin. Il est rare qu'un buzz arrive sur une découverte en biologie moléculaire (sauf si ça touche au sexe, bien sur) ou une intervention de Ken Robinson. On avait les magazines télé qui décryptaient la télé, voilà maintenant les chroniques alimentées en buzz.

Polémique: dans le monde de l'information en continu, et plus généralement de la presse traditionnelle, le générateur de buzz semble être la polémique. Pas une seule journée sans sa polémique, souvent totalement artificielle. Et bien souvent en relation avec la politique. Car c'est là que le couple infernal presse d'info et politique donne naissance à sa créature : une déferlante ininterrompue de conneries en tout genre destinées uniquement à brasser du vent pour entretenir la machine. Les politiques doivent l'ouvrir pour avoir l'impression d'exister, et les chaines info doivent les faire parler pour alimenter leurs duplex et leurs directs sans intérêts. Et de l'autre coté du tuyau, le consommateur crédule pense qu'il est tout à fait normal de demander son avis en permanence à un député sur n'importe quel sujet (mais le plus superficiel et le plus polémique possible bien sur) et de s'indigner ensuite d'entendre autant de conneries sortir de la bouche d'autant de politiques. Le degré zéro du débat, de l’intérêt politique dans la cité, et du journalisme. Car l'impression générale est finalement que sans ce genre d'artifice il n'existerait rien... Or ce n'est souvent qu'un écran de fumée qui empêche de voir, de discuter, de s'informer sur des questions plus graves, plus profondes, plus impliquantes.

Clash: le clash, ou le tacle, est également un bon générateur de bruit. Il ne s'applique pas forcément aux politiques, mais à tout le monde ou presque. Là aussi sous-produit de la culture de l'information à outrance et de la commercialisation de son abondance, le clash est lancé, provoqué, sublimé et diffusé dès lors qu'une opinion est donnée et qu'une critique est rendue. "Untel tacle machin chez truc", "trucmuche et bidule : le clash en direct". On lit en permanence ce genre de titres attrape-clic. L’intérêt? Souvent nul, voire négatif. Si au moins il était possible d'en profiter pour discuter de fond, du problème, de son origine, ou même de vérifier si problème il y a. Mais non, la plupart du temps on se concentre sur la forme et on n'entre surtout pas dans l'analyse de fond. Autant d'énergie et de temps gâchés...

Vrai-faux: Alors parfois oui, après un "Untel tacle truc sur sa gestion du bidule", on peut avoir droit à une intervention journalistique du genre "vrai/faux" dont le but est d'établir qui de Untel ou de Truc à raison finalement. Rafraichissement en vue, pourrait-on se dire, puisqu'enfin on gratte un peu et on arrête de glousser sur la forme. L’intérêt est indéniable, si tant est qu'aujourd'hui l'exercice tend à se multiplier, et pas toujours sur la simple analyse de faits vérifiables, mais par l'intermédiaire d'opinions. Or la dérive est grande d'établir un rendez-vous "vérité" dans la presse (télé ou papier) et d'y faire passer ses idées. Car il y a des journalistes de droite, des journalistes de gauche, des journalistes pro et des journalistes anti. Et ce qui est alors la vérité pour l'un ne l'est plus pour l'autre. Comment s'y retrouver ensuite?

... A suivre ...

Expérience

Récemment j’ai pu réaliser quelques vols photos, ce qui n’était pas arrivé depuis un bon bout de temps finalement. C’était à l’occasion d’un rassemblement d’amis avec leurs avions. Et quand on a une belle brochette de zincs, on ne peut s’empêcher d’essayer d’en tirer le portrait lors de beaux vols en patrouille. C’est lors d’un de ces vols photo en particulier que sont apparus certains aspects intéressant d’expérience qui sont donc le sujet de ce billet.


On parle ici de l’expérience au sens de pratique, d’entrainement. En effet, chacun des pilotes était venu avec son avion et son expérience, notamment du vol en patrouille. C’est un point qui, au moment de préparer un vol photo, est important à prendre en compte pour être sur de ne pas s’exposer, et exposer les autres, à de trop grands risques. Un vol en patrouille, et à fortiori un vol photo, ça se prépare. Et la préparation aussi, c’est un autre domaine où l’expérience parle. Le briefing doit être conduit avec précision et concision. Et les différents points du vol abordés. Ce sera qui, où, quand, comment.

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Aventure d'un disque dur



C'est l'histoire d'un disque dur. Oui, je sais, quand ça commence ainsi, on se dit que ça va être barbant, technique, pas drôle voire chiant, et peut-être même dramatique. Je vous promets rien, il y a aura un peu de tout ça, mais l'idée est plutôt de raconter ce qui est arrivé à ce petit disque dur, et qui pourrait arriver au votre. Celui qui ronronne tranquillement là, à quelques centimètres de vous, dans votre ordi. Celui à qui vous confiez, chaque jour, une part de vous via vos photos, vos historiques de navigation, vos emails, vos chats, vos documents, vos lettres d'insultes à l'administration ou à votre assureur, vos fichiers de compte. Ce petit objet technologique dont vous ne savez presque rien, et qui un jour, dans un élan d'ingratitude, peut vous lâcher.

C'est ce qui est arrivé ainsi récemment à mon petit disque dur. Petit, il ne faisait que 500Go. Cinq cent milliards d'octets. Une galaxie dans laquelle étaient stockés photos, dessins, fichiers téléchargés ici ou là, jeux, fichiers perso, morceaux de musique, images de synthèse, modèles 3D. Autant de Concorde, d'A380, de Morane, de Spit, de cellules de calculs excel, de musiques envoutantes ou entrainantes. Autant d'éléments qu'il faudrait, en permanence, surveiller et dupliquer.

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De la relation Photographe-Client

Assez représentatif de certaines demandes pour des photos...

World Press Photo



Alors que le World Press Photo vient de désigner sa photo de l'année 2011, et qu'elle suscite la polémique (qu'est-ce qui ne suscite pas la polémique de nos jours, ma bonne dame?) puisqu'on peut y voir une femme entièrement voilée tenir dans ses bras un homme au Yemen qui n'est pas sans rappeler l'iconographie chrétienne, je tombe sur une sorte de retrospective de toutes les photos de l'année élues par l'organisation indépendante, depuis 1955.

Et force est de constater que globalement, pour être dans le top du concours, il faut faire de la photo de guerre, montrant un désastre, une souffrance, la mort, une situation choquante. Le photojournalisme est peut-être aujourd'hui le dernier vrai nid de photographes pros? Ou alors c'est une sorte de figure imposée, un peu comme pour un acteur, faire un biopic est une garantie d'Oscar?

On note quelques photos choc, impressionnantes puisque soit connues, soit captant un instant décisif, comme la lauréate en 1960 (assassinat de Inejiro Asanuma) ou celle de 1963 (le moine Thich Quang Duc s'immolant) ou encore celle de 1972 (la petite Phan Thi Kim Phuc fuyant les bombardements de napalm au Vietnam)... On note également la forte représentation de scène ayant eu lieu pendant l'engagement américain en Asie du Sud-Est. Mais globalement la sélection montre quasiment toujours soit un mort, soit un instant avant la mort, ou après, des pleurs, de la souffrance et des enfants. Le mélange de ces notions est évidemment possible.

J'ose imaginer qu'il n'y a pas que ça dans le top du photojournalisme... Heureusement les autres galeries du site de l'organisation offrent des approches différentes.

Vers la fin des photos floues...

Ah ça y est, voilà le retour du fantasme. Je vous préviens, plus moyen de louper vos photos!
Déjà on avait les automatismes de base : autofocus, mode programme, TTL... Puis la détection des visages, la détection de sourire... Mais il manquait la "correction" de mauvaise mise au point.

C'est là que Lytro se positionne.
Sur leur site, vous aurez une idée de ce que ça veut dire.
http://www.lytro.com/
Le pitch c'est : vous avez foiré votre mise au point? Peu importe, vous shootez comme un branquignole et une fois sur l'ordi vous faites la mise au point.

A vous de juger.

Mouais.
Mon avis sur la chose : c'est une moitié d'arnaque. Parce qu'en fait, la photo d'origine (en tout cas l'information) est totalement nette, de pratiquement 0 à l'infini.
Le concept de lentilles permet uniquement de récupérer une info de profondeur de l'image (un peu comme une prise de vue 3D... ce qui d'ailleurs à notre époque post-Avatar n'est pas une coincidence). C'est une analyse de parallaxe qui donne alors une sorte de champ de profondeur (un Z-depth) utilisé ensuite par un logiciel dédié pour générer le flou de profondeur de champ. Cette technique est d'ailleurs largement utilisée en images de synthèse.
Finalement, pour conclure, c'est plus une histoire de "faire le flou" que de "faire le point"!

Réflexions automobiles

Je me suis amusé aujourd'hui, le temps d'un petit quart d'heure, à faire quelques observations. Du coté de St-Martin-du-Touch, tout près du Bureau d'Etudes d'Airbus et du siège, je regardais passer les voitures. Le temps était magnifique, l'air juste à la bonne fraicheur. Les gens sortaient du boulot, le coeur léger à l'approche d'un weekend qui s'annonce ensoleillé. A Toulouse, c'est la promesse de belles terrasses bondées et de samedi shopping et de dimanche jardinage, de tonte de gazon et de découvrage de piscine. Le début de la belle vie quoi.

Tous ces gens, et on peut le dire parfois moi le premier, insouciants de tout ce que ce cirque peut signifier. Car alors que je regardais les voitures passer et les avions voler, je n'ai pu m'empêcher de remarquer une chose. La plupart des voitures sont pratiquement vides. Forcément il y a un conducteur, ou une conductrice, mais donc la plupart du temps il ou elle est seul(e). Une, deux, dix, cinquante véhicules passent ainsi, ne transportant qu'une seule personne.

Un crayon, un bout de papier et me voilà faisant des mesures. Tel un gamin au balcon comptant le nombre de voitures rouges, ou de Peugeot qui passent dans la rue (comme j'ai pu le faire étant jeune, avant l'invention de ces sataniques jeux vidéos! ;o)), je me retrouve comptant les voitures mono-occupant et les multi-occupants, les monospaces et les véhicules de petit et moyen segment, les berlines. Un échantillonnage de la circulation de plus en plus importante au fil des années sur cette petite route bordant la voie rapide. 

Les résultats, dans la suite, sont assez intéressants... ;o)

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Tokyo 2010 - L'Ordre et le Chaos

L'ordre et le chaos. C'est presque ce qu'on peut retenir d'une plongée dans Tokyo. On a en effet l'impression qu'en permanence les deux camps s'opposent et se disputent la rue, la vie, les activités des tokyoites. De l'ordre, il y en a de multiples représentations. Les jardins, les sushis alignés, les baguettes, la coiffure des lutteurs de sumo, les plis d'un kimono. Presque dans l’indifférence totale, la ponctualité des métros et trains de la ville renvoie la légende des chronographes suisses au rang des sabliers. Si vous ratez votre train, c'est que vous êtes en retard, lui pile à l'heure. Et sur le quai, remarquez les marquages au sol, ils vous indiquent où attendre et vous mettre en ligne; la rame s’arrêtera exactement là! Une fois dans le train, admirez la propreté et l'absence totale de tags et autre graffitis, ou de chewing-gum au sol. Le métro et le train sont impeccables, ce qui pour un français, et a fortiori un parisien, relève de l'utopie. La culture japonaise y est forcément pour quelque chose.

La rue n'est pas en reste, une certaine impression de propreté se dégage, même si elle est peut-être artificielle. Les immeubles sont alignés et bien espacés les uns des autres : aucun bloc, aucun immeuble ne touche un autre, probablement un résultat d'un standard anti-sismique. Pour permettre une certaine flexibilité de cette croûte de béton et d'asphalte qu'est la capitale japonaise en cas de tremblement de terre, peut-être les ingénieurs ont-ils imposé un espace de pratiquement un demi-mètre entre les tours... Et également la présence d'un escalier extérieur, ce qui apporte alors un caractère hétéroclite au paysage urbain. Car là commence le chaos. Chaos des couleurs des façades, et des revêtements. Céramiques grises ou vertes, peinture rouge ou turquoise, crépi blanc. Formes arrondies ou droites, brillantes ou mates. Toits en terrasse ou inclinés, avec balcons en retrais successifs uniques à la ville. L'ensemble des constructions du centre urbain propose un kaléidoscope grandiose et pittoresque de l'architecture banale de Tokyo. S'y retrouver est une gageure puisque les rues portent rarement un nom, et qu'une adresse fait donc plutôt référence à un bloc, un immeuble et une entrée qu'il vaut mieux avoir repéré sur un plan au préalable! Et ne comptez pas sur le fait qu'une rue peut se différencier d'une autre: les enchevêtrements de câbles électriques, de fils de téléphone, alourdissant dangereusement les poteaux, termineront de vous perdre par leur caractère bordélique et répétitif. Ici on n'enterre pas les réseaux. La maintenance et l'installation s'en trouvent aisées, mais le spectacle est pour le moins confus! Comment s'y retrouver?

Si la cérémonie du thé ou l'agencement des tatamis répondent à des règles strictes d'ordre, la vue des affichages électroniques et des enseignes lumineuses des rues semble elle refléter chaos et exubérance. Ce contraste se manifeste peut-être également dans les délires culturels des japonais, exacerbés dans les quartiers populaires d'Akihabara ou Shinjuku. Costards-cravates et minishorts en jeans. Grandes multinationales et mangas érotiques. Bonzes et écolières. 

Tokyo 2010 - A chaud

Tokyo. Un peu comme New-York, le nom de cette ville évoque pour un européen une destination lointaine, étrange. Plus même que New-York ou Rio. La différence de culture est ici totale. Et la parcourir, le nez en l'air, les oreilles assaillies de mots impossibles à déchiffrer, les yeux au bord de la rupture, de la surexposition, c'est se projeter dans une ville de science-fiction.

Si Shanghai c'est la ville de S-F par l'architecture et les jeux de lumières colorées, Tokyo c'est la S-F par la vitesse et le mode de vie. On se croirait dans Akira, ou Ghost in the Shell, ces animés hors-normes, véritables chefs-d'oeuvre dans leur genre, et qui marquent l'imaginaire. Mais là, c'est "pour de vrai"!

De quelques jours à Tokyo je ne vais retenir que l'essentiel. Pour le moment, la ville tentaculaire me fait l'effet d'une juxtaposition hétéroclite de batiments à l'architecture pratiquement inexistante (si ce n'est un aspect là-aussi parfois un peu futuriste, et souvent particulier à la ville). Accrochées aux murs blancs, ou brun, ou vert, ou jaune, ou gris de ces immeubles quelconques, des enseignes verticales et lumineuses par milliers, jetant sur la rue des flots de rouge, de bleu, de blanc, de vert, de jaune... Des étincelles se reflétant sur le sol et dans les yeux et les lunettes à la mode des passants et des passantes. Une foule jeune, dans ces quartiers aux noms fameux que sont Shibuya, Shinjuku, Akihabara. Une foule de costards cravates dans les districts d'affaires, sans charme particulier, avec leur lot de Starbucks et de McDo. Une foule de jeunes filles hyper branchées, joliment maquillées, à l'allure vestimentaire qu'on retrouve, comme décidément une n-ième "copie chinoise", à Shanghai.

Par de nombreux aspects, il m'est possible de comparer Shanghai, la ville qui voulait être la plus riche de Chine, et Tokyo. Il me faudrait probablement y revenir plus abondamment plus tard, mais la chinoise et la japonaise, même si elles partagent un gout pour le chic, le luxe, la vie urbaine colorée et lumineuse, sont marquées par leurs cultures respectives. Et il apparait une sophistication, un raffinement particulier au Japon que je ne retrouve pas en Chine. Ce n'est pas nouveau on me dira. Mais au moins j'ai des bases de comparaison ;o)

Et comment mieux profiter de ce petit aperçu sur la culture nippone que par le biais d'un tournoi de sumo, le Tokyo Basho! Dans l'enceinte du Ryogoku Kokugikan, un concentré de muscles, de poids, de rituels, de sacré, et de Japon. Une journée commencée à travers un ancien jardin privé de shoguns, poursuivie par une plongée démente dans Akihabara et ses magasins d'électronique et de mangas, et qui se termine par un tonnerre d'applaudissements pour un yokozuna (champion de sumo) victorieux!!

A suivre...

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