Le PhotoBlog de Stéphane Beilliard

{ Un blog photo d'aviation, de paysage, de ville, en panoramique ou en macro, et même de synthèse. Entre Nouvelle-Zélande et Québec, entre le ciel et la terre, un peu d'écologie ne ferait pas mal non plus. Le Blog de Stéphane Beilliard }

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décembre 2008

Le mot de la fin...

...de l'année 2008! Un mot illustré par un panoramique du Capitol de Washington, pris le 11 septembre dernier, juste après une cérémonie du souvenir des attentats réunissant sur les marches blanches les sénateurs et représentants...



Un mot américain donc puisque, nous l'avons vu, que ce soit personnellement ou pour le monde entier, les Etats-Unis ont un peu marqué l'année 2008, et pas toujours en bien il faut le reconnaitre. Il semble qu'en ce début de XXIème siècle, le leadership américain a du plomb dans l'aile. Entre la folie et l'enlisement en Irak, les scandales politiques, l'échec des négociations de paix au Proche-Orient, la claque du pétrole cher et du dollar faible, la vente symbolique de Budweizer (bière emblématique US) à un groupe étranger, la décadence financière des ménages englués dans des crédits à la consommation toujours mieux fourgués, les limites atteintes par la politique économique de Wall Street dans le capitalisme débridé, l'attribution très médiatisée et critiquée de contrats d'armement de l'USAF à l'européen EADS, la chute spectaculaire des ventes de véhicules SUV -ou pick-up - véritables symboles là-aussi de l'American Way of Life, l'émergence de la Chine sur la scène politique et militaire internationale, notamment du coté de l'Afrique de l'Est, et la ré-émergence de la Russie comme contre-super-puissance (si ce n'est réelle du moins voulue)... Et pour finir l'éclatement de la crise financière qui a contaminé ensuite le monde... Tout ça dépeint un tableau plutôt morose des USA. Le moral là-bas est en chute libre, l'immobilier aussi, et les ménages ont vu fondre la valeur de leurs biens réels -la maison- comme virtuels -l'épargne retraite. Et le scandale Madoff est venu mettre la cerise de ce gâteau 2008 décidément bien amer.

L'élection chargée d'espoir de changement et de renouveau de Barack Obama en novembre dernier a remonté un petit peu le score, les médias se chargeant en plus de faire rayonner sur le monde le modèle démocratique US. Un modèle qui évidemment peut en être un par certains aspect, dont celui permettant à un presque-inconnu, noir qui plus est, d'accéder à la plus haute responsabilité politique du pays. Un modèle cependant qui est vérolé par certains autres aspects, comme la quasi-omniprésence de la corruption (on peut appeler ça aussi le "lobbying") ou de l'influence de l'industrie sur les décisions politiques (ce que Eisenhower avait prévu et baptisé le "complexe militaro-industriel") pour servir les intérêts de quelques-uns au détriment du plus grand nombre... Bref, tout n'est pas tout blanc ou tout noir comme d'habitude. On n'est pas dans un Disney!

Ces événements ont au moins permis une certaine prise de conscience, si on se veut optimiste. Une prise de conscience écologique tout d'abord, avec la recherche, dans le pays le plus pollueur du monde, de solutions écologiques et économiques pour mieux vivre, dépenser moins de carbone, etc... Même si c'est pas gagné, le mouvement est peut-être lancé, et comme quand les américains sont lancés ils ne font pas les choses à moitié, ça peut donner quelque chose d'interessant. Du point de vue économique et financier, peut-être une prise de conscience des limites du libéralisme incontrôlé, avec un autre modèle envisageable, pour sortir de la crise tout d'abord... jusqu'à la prochaine. En tout cas il y aura toujours un élan novateur et pionnier de ce coté ouest de l'Atlantique pour rebondir, reconstruire, et repartir de plus belle. Du moins on l'espère...

Bon réveillon, bonne année 2009!

Livre bis

Considéré comme un proto et un test, un livre-photos "Aviation" créé il y a une paire de mois. Photos maison évidemment, mise en page maison, couv' maison. Un bon p'tit exercice permettant de valider le travail sur le livre "Nouvelle-Zélande".

Comme pour "Paysages de Nouvelle-Zélande", la prestation fut assurée par Photoservice, avec la version "Folio" de leur panel bouquin. Le format est proche du A4 horizontal. La reliure m'a paru fragile (collage sur dos carré), ce qui ne se confirme pour le moment qu'aux première et dernière pages pratiquement, au niveau donc de la jonction entre les pages intérieures contrecollées, et les pages de garde, plus lourdes et collées à la couverture. Néanmoins, le façonnage est de bonne qualité, l'impression également, sur un papier qui parait un peu plus léger que pour un bouquin du commerce. La couv' personnalisée présente quelques zones de décollement d'avec la partie cartonnée rigide, mais sans grand impact sur l'aspect général.

Voici donc quelques images de "Mécaniques du Ciel", un premier book avec plein de navions de meetings dedans!



Livre

La grande mode du moment, après les calendriers personnalisés, les agendas, les pèle-mêles, les mugs, les tapis de souris, etc... c'est le livre-photos personnalisé. Un livre avec ses propres photos à l'intérieur dedans, donc. C'est le développement des presses numériques qui est notamment à l'origine de ce nouvel engouement, puisqu'il a permis de réduire le prix d'un tirage de livre unique jusqu'à le rendre -presque- abordable. Le lourd process des rotatives et autres offset est là remplacé par de l'impression numérique, plus flexible, le reste (façonnage) étant ensuite quasiment "classique".

L'idée cependant me trottait dans la tête depuis deux ans. La possibilité de le faire aujourd'hui a rendu cette idée concrète puisque je me suis fait un p'tit bouquin regroupant mes principales photos de Nouvelle-Zélande (qu'on peut retrouver sur le site). Une sorte de "best-of" de la sélection du meilleur. La qualité de l'objet est surprenante, bien qu'en y réfléchissant, vu le prix, y avait intérêt. L'impression est bonne, les couleurs un peu différentes de celles à l'écran mais ça va (pas encore de profil ICC dispo apparemment), le massicotage est ok, tout comme la reliure, bien costaude!

Le prestataire sur ce coup-là est Photoservice, qui propose des produits variés à des tarifs acceptables par rapport aux autres que j'ai pu envisager (Photoweb ou Photoways...). La version "Prestige" vaut le coup. C'est celle de ce "Paysages de Nouvelle-Zélande". La version "Folio" est un peu moins qualitative, le grammage du papier est un peu plus léger, l'assemblage moins robuste a priori, mais offre la possibilité d'avoir la couverture rigide personnalisée. Un bon média pour un "book".

Voici donc deux trois vues de mon p'tit bouquin des antipodes, et qui sait?, peut-être le trouverez-vous un jour en librairie. D'ailleurs, si un éditeur passe par là... ;o)




24 décembre...


Image AS08-15-2561 prise le 24/12/1968 à bord d'Apollo 8

A la veille de Noël, ces trois hommes étaient les hommes les plus seuls au monde. Les hommes les plus loin du monde aussi.

Nous sommes en 1968, le monde vient de traverser une période agitée pour le moins. Que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, les étudiants se sont révoltés. Les idées fusent, chavirent, s'entrechoquent. Les coups d'états et d'éclats se suivent en Afrique par exemple. Un pasteur baptiste américain est assassiné, tout comme un sénateur américain. La terre tremble sous ses nouvelles, comme sous les pieds des iraniens. Des B-52 portant la bombe nucléaire tombent chez les pingouins. Le héros soviétique Gagarine tombe lui aussi. Céline Dion pousse son premier cri...

Dans ce climat dépressif, instable, ces trois hommes-là sont allés là où aucun homme n'avait été auparavant. Et ils n'étaient alors "que" des éclaireurs, des gouteurs de l'événement qui se produirait au milieu de l'année suivante.

Anders, Lovell et Borman, en ce 24 décembre 1968, se trouvaient de l'autre coté de la Lune, et voyaient pour la première fois ce qu'aucun homme n'avait jamais vu de ses yeux. La face cachée de notre satellite ne l'était plus. Quelle sensation vertigineuse de se dire alors que ces trois hommes-là avaient la possibilité de voir la Terre depuis là-haut, depuis l'orbite lunaire. La Terre comme une bille.

40 ans plus tard, Franck Borman, Jim Lovell et William Anders, rejoints par 21 autres, sont toujours les seuls à avoir eu cette possibilité. Ce sont les seuls au monde, les seuls sur les milliards et les milliards d'êtres humains qui ont peuplé et peuplent la planète, à avoir vu justement cette planète dans ce qu'elle a de plus spectaculaire : sa petite taille, son incroyable éclat de couleurs dans le noir profond de l'espace insondable qui l'entoure, sa fragilité...

En cette fin d'année 68, ils donnèrent au monde l'occasion de rêver, de lever les yeux vers l'espoir, le ciel, la Lune. Ils donnèrent au Monde une pause dans son impulsion auto-destructrice. De là-bas, à des centaines de milliers de kilomètres de leurs maisons, ils ont été écoutés lors d'une émission télévisée en direct. Un record d'audience pour l'époque. Un message de paix, pratiquement universel, que l'on soit croyant ou pas. Un message qui devrait nous inciter à penser à notre monde comme à un joyau unique, un joyau à préserver, un joyau à respecter.

La NASA propose un mini-site pour revivre cet épisode marquant de la conquète de l'Espace, de la conquète de la Lune. La citation de la Genèse, par les trois astronautes, de l'autre coté de la Lune, reste un des moments historiques modernes que tout un chacun devrait connaitre...

A voir également mon précédent billet...

Dorures (AirExpo2008 - France)

Une année humide, une année bouleversée, une année loin, une année pour aller là-bas, une année noircie, une année dorée...


Puycelci, Tarn, France

Après la démesure new-yorkaise, un peu de calme rural en France, avec cette vue de Puycelci, entre Montauban et Albi...


Manhattan Bridge, Brooklin, New-York

Un petit air d'affiche de film connue avec cette photo de la pile sud du Pont de Manhattan à New-York...


A la Vitesse de la Lumière



Tête du Parmelan, Haute-Savoie, France

Hop, on retraverse l'Atlantique, pour revenir en France avec un paysage d'il y a quelques jours, en Haute-Savoie...


The Lady in Purple, New-York City, NY

Un peu de New-York pour changer de Washington, et du coté de Time Square plus précisément...



A voir également, dans les archives de cet Eté Américain : New-York City

Capitole, Washington ,DC

Toujours à Washington, DC, une curieuse statue tout près du Capitole. Curieuse par l'attitude représentée, peut-être un peu en rapport avec l'état du pays après 8 ans de régime Bush et la plongée dans la crise...



A voir également, dans les archives de cet Eté Américain : Washington DC

1968, Apollo 8, 2008...

Pour ceux qui se posent la question du pourquoi du comment de "konnek-t", qui se lit "connecté", il faut savoir qu'à l'origine, le site est en fait un ensemble de plusieurs sous-sites dont un consacré à la photo, un autre à l'espace, un autre au graphisme... Tous ces sites, partageant la même charte graphique et normalement le même ton, étaient donc connectés. CQFD.

Tout ça pour dire qu'il y a un sujet passionnant qui complète les photos et l'aviation ici, c'est l'exploration spatiale. Mine de rien, c'est un peu le prolongement de l'aviation, l'astronautique étant "simplement" de l'aéronautique au-delà des 100km d'altitude. Et également la photo y a une place non négligeable puisqu'à la base de l'exploration planétaire essentiellement. On se souviendra du choc de ces photos célèbres venues de l'espace : Buzz Aldrin sur la Lune en 1969, le sol martien par la sonde Viking 1 en 1976, les "piliers" de gaz et de poussières par Hubble, les cratères de Mercure par Mariner 10 en 1974, la Grande Tache Rouge de Jupiter par Voyager 1 en 1979, les systèmes d'anneaux de Saturne par Cassini... Tout un ensemble de photos magnifiques, souvent à mettre au crédit de la NASA (qui les mettent du coup à disposition du public, comme les américains savent le faire), mais aussi de l'ESA ou du CNES...

Or ce mois-ci, comme déjà évoqué dans un précédent billet, nous fêterons les 40 ans du premier vol habité vers la Lune (probablement d'ailleurs dans l'indifférence médiatique générale puisque le sujet qui importe aujourd'hui c'est plutôt la crise ou la polémique politicienne du jour...). Car oui, en décembre 1968, trois hommes ont réalisé une répétition du grand show du mois de juillet suivant, en survolant la Lune à bord de la mission Apollo VIII. Et ces hommes sont devenus pour le coup les premiers hommes les plus loin du Monde. C'était Jim Lovell, William Anders et Franck Borman (Lovell qu'on retrouvera d'ailleurs sur Apollo XIII). De ce vol autour de l'astre lunaire, sans atterrissage évidemment, ils rapporteront la certitude de la faisabilité d'une telle entreprise, mais également une des plus belles photos de tous les temps, celle du "lever de Terre" ci-contre. Bien sur, depuis la Lune, un lever de Terre est impossible, puisque la Lune nous présente toujours la même face (et donc la Terre n'évolue pas dans le ciel lunaire) mais en vol, c'est une autre histoire et l'équipage d'Apollo VIII en a profité.

Quarante ans plus tard, ces hommes, et les autres équipages des missions Apollo qui suivirent, sont toujours ceux qui auront été le plus loin de nous. Après ces exploits sélènes, le rêve d'exploration, le rêve pionnier s'est évaporé pour revenir dans un réalisme cynique à la guerre du Vietnam, la Guerre Froide, le creusement du fossé des inégalités... Les ambitions spatiales des hommes se sont réduites pour laisser place à une logique de rentabilité presque commerciale des missions robotiques, et donc les vols habités se sont cantonnés à la "proche banlieue", comme on dit, avec les vols de Navette, les stations Skylab, MIR et ISS...

Et nous venons de célébrer les dix ans du début de la construction de la Station Spatiale Internationale, l'ISS. Il y a dix ans, en novembre 1998, le premier module russe était mis sur orbite, et lancait une opération logistique et technique sans précédent dans le domaine spatial, une opération qui a pris un certain retard aujourd'hui notamment après les difficultés financières des pays participants, et surtout la catastrophe de Columbia en 2003. Dix ans plus tard donc nous voilà avec un avant-poste (ci-contre) à 300km d'altitude, pour 6 personnes, deux salles de bain, vue imprenable. Et la vue, elle y est belle, c'est indéniable, comme on peut le voir sur les images de la NASA, et que j'ai par exemple utilisé sur Konnek-T...

Alors il y aurait beaucoup à dire sur ce parcours qui nous a mené de 1968 et ses images magiques à 2008 et son exploration humaine en mode pause. Bien sur l'exploration robotisée a montré son intéret, ses résultats étant souvent, en matière de cartographie notamment, à la hauteur des espérances. Il y a une place pour les robots. Mais il y a également une place pour l'homme là-haut, une place pour le rêve, une place pour l'exploration intelligente, pour la réactivité et l'intuition humaine. Peut-être qu'un jour l'homme retournera donc sur la Lune, ira sur Mars, developpera son horizon au-delà de l'atmosphère au lieu de ne voir aujourd'hui que le bout de son nez...

Union Station, Washington, DC

Un petit retour aux USA? Et pourquoi pas du coté de la gare principale de Washington, DC, alias Union Station. Encore un bel exemple de l'architecture grandiose de la capitale fédérale américaine, à quelques encablures du Capitole...



A voir également, dans les archives de cet Eté Américain : Washington DC